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Rentrée 2025, l’épreuve de vérité budgétaire

Par Hamza Abdelouaret


Au moment où s’ouvre la séquence budgétaire, le pays aborde la rentrée 2025 avec une équation à la fois claire et exigeante. La note de cadrage du projet de loi de finances 2026 assume un cap de consolidation et d’accélération. Elle fixe quatre priorités qui dessinent une ligne sans ambiguïté, de l’émergence industrielle à la réduction des disparités, en passant par le renforcement de l’État social et la poursuite des réformes tout en préservant les équilibres. Au cœur du texte gouvernemental, la volonté est de traduire en actes une accélération des investissements, d’arrimer les métiers mondiaux du Royaume à des chaînes de valeur plus hautes et d’organiser la montée en gamme des territoires plutôt que de subir les aléas de la conjoncture globale. Cette rentrée est donc moins un moment d’annonces qu’un test de crédibilité sur l’exécution.

Le contexte macroéconomique y invite. Après le choc inflationniste, Bank Al-Maghrib maintient son taux directeur à 2,25% et projette une inflation moyenne autour de 1% en 2025, avec une normalisation graduelle en 2026. La détente des prix doit soulager les ménages, mais elle ne dispense ni l’exécutif ni les entreprises d’un effort de productivité et d’investissement ciblé. Les signaux de croissance restent portés par des exportations résilientes, notamment dans l’automobile et les phosphates, et par un tourisme en très bonne tenue au cœur de l’été. La fenêtre d’opportunité est réelle, à condition d’articuler la demande interne, l’investissement privé et la commande publique dans une même logique d’entraînement, sans renoncer à la discipline budgétaire.

Le socle social a lui aussi changé d’échelle. Les aides sociales directes couvrent désormais près de quatre millions de familles, pour un effort financier conséquent. Les enfants scolarisés et les personnes âgées en bénéficient à grande échelle, ce qui installe dans la durée un mécanisme de redistribution mieux ciblé. Dans le même temps, l’AMO Tadamoun et l’extension de la couverture maladie ont élargi l’accès à la protection, posant la question très concrète de la qualité de service, de l’offre de soins et du financement soutenable du système. La réforme a avancé vite, elle doit désormais prouver sa capacité à corriger les angles morts d’accès aux soins, sans interrompre la dynamique d’inclusion qui a marqué les deux dernières années.

Cette rentrée est aussi tirée par l’économie réelle de l’été. Les arrivées touristiques ont atteint un nouveau palier en juillet, avec une dynamique portée à la fois par les visiteurs étrangers et par les Marocains du monde. L’effet se mesure déjà dans les recettes en devises et irrigue des chaînes entières de valeur, de l’hôtellerie aux transports en passant par la restauration et l’événementiel. L’enjeu des prochains mois est d’éviter l’essoufflement, d’élever la qualité et de faire du flux exceptionnel de l’été un levier durable sur l’emploi, la formation et l’investissement local. Là encore, l’arbitrage entre volume et montée en gamme se joue dans les politiques publiques autant que dans la capacité du secteur à se structurer.

Au fond, l’épreuve de vérité de cette rentrée tient en deux mots qui n’en font qu’un pour le pays, crédibilité et exécution. Crédibilité d’un cadrage budgétaire qui promet à la fois discipline et ambition. Exécution d’un État social qui doit être perçu, mesuré et amélioré au plus près des familles. Exécution surtout d’une politique d’investissement qui transforme des annonces en chaînes de projets livrés, avec des retombées visibles dans les territoires. La trajectoire 2025-2026 ne se résumera pas à des indicateurs. Elle se lira dans la cohérence d’ensemble et dans la capacité à tenir le rythme, sans renoncer à l’exigence.


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