Regragui, un sélectionneur au prix fort
À la CAN 2025, Walid Regragui ne dirige pas seulement la sélection marocaine dans une compétition disputée à domicile. Il le fait avec un statut financier qui le place parmi les sélectionneurs les mieux rémunérés du continent africain. Un niveau de salaire rarement accordé à un sélectionneur marocain, qui traduit à la fois la confiance placée en lui et le degré d’exigence désormais attaché à chaque sortie des Lions de l’Atlas.
Par Driss El Filali
Selon plusieurs sources concordantes, la rémunération mensuelle du sélectionneur national est estimée autour de 70 000 euros, soit environ 760 000 dirhams. Ce montant situe Regragui dans le haut du tableau africain, aux côtés de techniciens étrangers recrutés à prix élevé, et nettement au-dessus de la moyenne continentale. Dans un football africain où les bancs restent souvent instables et les contrats fragiles, ce positionnement salarial marque une évolution nette.
Ce choix financier traduit une orientation claire de la Fédération royale marocaine de football, fondée sur la continuité et la stabilité du projet sportif. Depuis sa nomination en 2022, Regragui a redéfini le statut du banc marocain. La demi-finale historique du Mondial 2022 a fait entrer le Maroc dans une autre catégorie, celle des sélections attendues, observées et jugées sur leur capacité à confirmer. Cette crédibilité sportive s’est accompagnée d’une revalorisation naturelle du rôle du sélectionneur.
À la CAN 2025, disputée à domicile, cette équation prend une dimension particulière. Être parmi les sélectionneurs les mieux payés d’Afrique signifie évoluer avec un niveau d’attente maximal. La rémunération de Regragui s’inscrit dans une logique de marché où l’on paie l’expérience, la méthode et la capacité à gérer la pression d’un tournoi majeur. Elle engage aussi une responsabilité immédiate, celle de répondre présent dans une compétition où le Maroc vise clairement les premiers rôles.
Ce statut place le sélectionneur sous une observation constante. Chaque choix tactique, chaque composition, chaque décision de gestion de groupe est analysée à l’aune de ce positionnement financier. La relation avec les clubs européens, l’intégration des binationaux, la gestion des cadres et la capacité à maintenir une dynamique collective sur la durée du tournoi font partie intégrante de l’évaluation.
Le cas Regragui illustre une transformation plus large du football marocain. Le Royaume ne se contente plus d’investir dans les infrastructures, l’organisation ou la formation. Il investit aussi dans la stabilité du banc technique, en assumant le coût comme un levier de crédibilité sportive. La CAN 2025 agit ici comme un révélateur d’un modèle plus mature, où l’encadrement technique devient un pilier stratégique à part entière.
Regragui, un sélectionneur au prix fort, ce n’est donc pas seulement une question de chiffres. C’est l’expression d’un football marocain entré dans une nouvelle phase, où l’ambition s’affiche ouvertement, où la performance devient une obligation et où chaque choix financier engage une lecture directe sur le terrain. À la CAN 2025, le Maroc joue un trophée, mais aussi la cohérence d’un projet dont le sélectionneur incarne aujourd’hui l’un des points d’équilibre les plus exposés.
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