Réformer la BAD de l’intérieur : Pour une institution plus rapide, plus proche, plus efficace
Par Hamza Abdelouaret
Pour Sidi Ould Tah, la transformation de la Banque africaine de développement ne saurait se limiter à la réorientation de ses priorités financières. Elle passe aussi, et surtout, par une refonte profonde de son fonctionnement interne. Trop lente, trop rigide, trop éloignée des réalités du terrain : la BAD, dans son état actuel, doit évoluer pour répondre aux défis africains avec plus de réactivité, de transparence et d’impact.
Des délais trop longs, une efficacité à repenser
L’une des critiques majeures adressées à la BAD par ses bénéficiaires concerne la lenteur dans l’approbation et la mise en œuvre des projets. Entre les premiers dépôts de dossiers et le début effectif des travaux, il peut s’écouler plusieurs années. Ce décalage nuit à la pertinence des projets et ralentit leur impact économique et social.
Sidi Ould Tah propose une refonte des procédures internes, avec un objectif clair : réduire les délais d’instruction et d’exécution, tout en maintenant des standards élevés de qualité et de transparence. Il souhaite renforcer les capacités locales, déléguer davantage de pouvoir aux bureaux régionaux, et simplifier les circuits de validation.
Professionnaliser les unités de gestion et renforcer les talents africains
Pour répondre aux attentes croissantes du continent, le candidat appelle à une professionnalisation accrue des équipes de gestion des projets, notamment dans les domaines techniques, juridiques et financiers. Il insiste sur la nécessité d’attirer et de fidéliser les meilleurs talents africains, y compris ceux de la diaspora, dans les organes de pilotage de la BAD.
Cela passe par :
- une politique de ressources humaines plus dynamique et compétitive ;
- la valorisation des expertises locales ;
- la création de programmes de formation et de relève, pour former la nouvelle génération de décideurs africains du développement.
Rapprocher la banque du terrain : plus d’écoute, plus d’agilité
Sidi Ould Tah défend également une banque plus connectée aux réalités des États membres. Pour lui, la BAD doit entretenir un dialogue constant avec les gouvernements, les collectivités locales, les entreprises et les acteurs de la société civile. Il propose de renforcer les antennes nationales, d’accroître les visites sur le terrain, et de mieux adapter les projets aux besoins spécifiques de chaque région.
Cette vision suppose une plus grande décentralisation des décisions, mais aussi une capacité renforcée d’évaluation et de réajustement rapide en cas de blocage.
Les médias comme relais de transparence et d’impact
Inédit : Sidi Ould Tah souhaite impliquer les médias dans le suivi des projets financés par la BAD. Il estime que les journalistes africains peuvent jouer un rôle essentiel pour faire remonter les réussites mais aussi les dysfonctionnements, et contribuer ainsi à changer le récit africain, en mettant en lumière les impacts positifs du développement.
Dans cette optique, il propose la mise en place d’un mécanisme de retour d’expérience citoyenne, alimenté notamment par les médias, les ONG et les réseaux professionnels locaux.
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