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Réajustement institutionnel et signal politique clair

Un encadrement renforcé des élections

Par Yassine Andaloussi


Dans son discours du Trône du 30 juillet 2025, le Roi Mohammed VI a clairement confié au ministère de l’Intérieur la mission de préparer les prochaines élections législatives. Ce choix, en apparence technique, marque en réalité une inflexion majeure dans l’architecture institutionnelle de la gouvernance électorale au Maroc. Lors des deux précédents scrutins, cette responsabilité avait été confiée au chef du gouvernement, conformément à l’esprit de la Constitution de 2011 qui avait introduit une dynamique de responsabilisation de l’exécutif partisan. Le retour du ministère de l’Intérieur au centre de la mécanique préélectorale ne constitue donc pas un simple glissement administratif, mais une réaffirmation de la verticalité de l’État dans la gestion des processus démocratiques.

Cette décision s’inscrit dans un contexte politique marqué par une fragilité structurelle des partis, un affaiblissement de la majorité actuelle et une érosion continue de la confiance citoyenne. Dans ce cadre, la centralisation du pilotage électoral par le ministère de l’Intérieur apparaît comme un gage d’ordre, de maîtrise logistique et de neutralité opérationnelle. Forte de son ancrage territorial, de son expérience accumulée, et de sa position au sein de l’appareil d’État, cette institution est perçue comme le garant de la stabilité et de l’intégrité du scrutin.

Mais au-delà de la technique, le message politique est transparent, le processus électoral est trop stratégique pour être abandonné à des acteurs perçus comme faibles ou en perte de légitimité. Le Roi, en sa qualité d’arbitre suprême et de garant du bon fonctionnement des institutions, reprend l’initiative et impose un recentrage autour de l’État central.

D’un point de vue systémique, ce réajustement reflète une reconfiguration entre monarchie et l’exécutif  et l’administration. Il remet au centre la figure de l’État stratège, ce n’est pas un désaveu explicite du jeu politique, mais un signal fort, la cohésion institutionnelle n’est viable que s’il s’accompagne de crédibilité, de responsabilité et de maturité.

En confiant au ministère de l’Intérieur la gestion du processus électoral, le Souverain cherche à préserver l’équilibre entre le pluralisme démocratique et la stabilité de l’État. Il acte une forme de régulation politique par le haut, dans une optique d’efficacité et de sauvegarde du pacte de confiance avec les citoyens.


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