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RDC–Rwanda : un accord  à Washington qui ouvre une fenêtre de paix fragile dans les Grands Lacs

Pour la première fois depuis longtemps, un texte signé sous la pression de puissances extérieures, avec l’implication formelle de l’Union africaine, redonne à la région une chance d’envisager une sortie du cycle infernal des violences armées.

LA VÉRITÉ


Vendredi à Washington, la cheffe de la diplomatie congolaise, Thérèse Kayikwamba Wagner, et son homologue rwandais Olivier Nduhungirehe ont officiellement paraphé un texte reposant sur le respect mutuel de l’intégrité territoriale et l’arrêt immédiat des hostilités.

 

Le président de la Commission de l’Union africaine, Mahamoud Ali Youssouf, a assisté à la cérémonie, aux côtés du secrétaire d’État américain Marco Rubio, hôte de ce moment qualifié d’ »historique » par plusieurs observateurs.

 

Donald Trump, président des États-Unis, n’a pas hésité à saluer « un jour merveilleux », affirmant que « la violence et la destruction prennent fin ». Il a présenté cet accord comme le début d’un « nouveau chapitre d’espoir et d’opportunités, d’harmonie, de prospérité et de paix ». Dans un ton plus direct, il a ajouté que ce traité devrait permettre à Washington d’obtenir des droits miniers en RDC, une clause controversée mais révélatrice des intérêts géoéconomiques en jeu.

 

Une médiation à plusieurs visages

 

Le rôle discret mais crucial du Qatar dans la facilitation du dialogue a également été souligné. Doha, qui multiplie les médiations sur la scène internationale, a œuvré en coulisses avec Washington pour rapprocher deux pays aux relations exécrables depuis plusieurs années.

 

L’accord s’inspire largement de la déclaration de principes signée en avril dernier, sans toutefois évoquer explicitement les avancées territoriales du M23, groupe rebelle que les Nations unies et les États-Unis accusent le Rwanda de soutenir activement.

 

Depuis janvier, le M23 contrôle les grandes villes de Goma et de Bukavu, après une offensive éclair qui a fait plusieurs milliers de morts et provoqué un déplacement massif de populations civiles, poussant le système humanitaire à ses limites.

 

Un bilan humain dramatique, une crise sans fin

 

L’est de la RDC reste l’un des foyers les plus meurtriers d’Afrique. Riche en minerais stratégiques, il attire à la fois des groupes armés, des intérêts privés et des puissances étrangères. Le conflit entre les FARDC (Forces armées de la RDC), appuyées par des milices locales et parfois des contingents étrangers, et le M23, a plongé les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu dans le chaos depuis 2021.

 

Des cessez-le-feu successifs, tous violés, ont laissé peu de place à l’optimisme, malgré les efforts diplomatiques menés par l’UA, la CIRGL (Conférence internationale sur la région des Grands Lacs), l’ONU et des États comme l’Angola ou le Kenya.

 

Une paix sous conditions

 

Si le texte signé à Washington marque une avancée diplomatique notable, sa mise en œuvre reste semée d’embûches. Le M23, principal acteur militaire sur le terrain, n’était pas partie prenante directe de l’accord, ce qui soulève des interrogations sur la faisabilité d’un cessez-le-feu durable sans son engagement formel.

 

Aucune disposition claire n’a été rendue publique sur un éventuel retrait du M23 des zones occupées, ni sur un plan de désarmement et de réintégration, souvent resté lettre morte par le passé. Le silence sur ces questions nourrit le scepticisme de nombreuses ONG et experts en résolution des conflits.

 

L’UA appelle à la vigilance et à l’action

 

Dans son communiqué, l’Union africaine appelle toutes les parties à « traduire dans les faits les engagements pris ». Elle plaide pour un suivi rigoureux de l’accord, un soutien humanitaire massif aux populations déplacées, et une feuille

Après plus de trois décennies de violences cycliques dans l’est de la République démocratique du Congo, la signature d’un accord de paix entre Kinshasa et Kigali, sous l’égide des États-Unis, suscite un espoir prudent dans toute la région. L’Union africaine salue une « étape importante » pour la paix et la stabilité dans les Grands Lacs, longtemps ravagés par les conflits et les rivalités transfrontalières.


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