Rachid Talbi Alami : Le Maroc a prouvé sa pleine implication dans le développement de l’Afrique
LA VÉRITÉ / MAP
Le Royaume du Maroc, sous la sage conduite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, a prouvé sa pleine implication dans le développement de l’Afrique en plaidant sans relâche les causes du partenariat Sud-Sud, a affirmé, jeudi à Johannesburg, le président de la Chambre des Représentants, M. Rachid Talbi Alami.
«Sur le terrain, cela s’est concrétisé par les énormes investissements du Royaume dans un certain nombre de pays, à la lumière d’une logique gagnant-gagnant, sachant que 60% des investissements marocains à l’étranger sont dirigés vers l’Afrique», a déclaré M. Talbi Alami dans une allocution à l’ouverture de la 11ème Conférence des présidents des Parlements nationaux et régionaux africains qui se tient au siège du Parlement panafricain (PAP) à Midrand, en Afrique du Sud.
Il a, à cet égard, soutenu que les fermes africaines et l’Initiative pour l’Adaptation de l’Agriculture Africaine (AAA), lancée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, avec un certain nombre de ses frères africains, lors du Sommet COP 22 tenu à Marrakech en 2016, représentent quelques exemples de coopération productrice de richesse et de lutte contre la pauvreté. Ces initiatives visent surtout de réduire la fragilité africaine et son agriculture face aux déséquilibres climatiques et la promotion de certains projets agricoles dans un certain nombre de pays africains.
Disposant d’une expertise de pointe dans plusieurs secteurs tels que l’agriculture, la pêche maritime, la mobilisation des ressources en eau, les énergies renouvelables, la généralisation des soins de santé, la lutte contre les épidémies et la sécurité alimentaire, le Royaume du Maroc est en permanence prêt à poursuivre son partenariat avec ses frères en Afrique, a encore affirmé M. Talbi Alami.
Le Maroc engage ce partenariat sur la base de la conviction du gain et de l’intérêt communs, du respect des choix, des institutions, de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des pays frères, soutient-il.
Pour preuve, explique-t-il, l’Office Chérifien des Phosphates (OCP) peut, aujourd’hui, être considéré comme un leader africain dans le domaine de la fertilisation, du développement et de la condensation de l’agriculture africaine. «Il est actuellement en train de soutenir le développement de l’agriculture dans plusieurs pays africains», a-t-il dit.
Le président de la Chambre des Représentants estime, d’autre part, que dans un contexte de succession de crises, de compétition féroce pour les ressources et de forte hausse des besoins en ressources, nous devons savoir, en tant que parlementaires africains et en tant qu’élites africaines, que nous sommes à la croisée de certaines mutations décisives. «Nous devons considérer nos moyens et nos ressources, tout comme nous devons travailler main dans la main avec le même esprit collectif africain qui avait marqué la période de lutte pour l’indépendance nationale entre tous les pays africains», a-t-il déclaré, arguant que le but est de construire une nouvelle Afrique qui sortira des ruines causées par les scissions politiques, les crises et la rareté des ressources.
- Tabi Alami a, dans ce contexte, cité des propos de Sa Majesté le Roi Mohammed VI qui a notamment déclaré dans son allocution historique devant le 28è Sommet des dirigeants africains le 31 janvier 2017 à Addis-Abeba : «Il est temps que les richesses de l’Afrique profitent à l’Afrique. Nous devons œuvrer afin que notre terre, après avoir subi des décennies de pillages, entre dans une ère de prospérité (…)».
«Cette invitation royale, cinq ans après son lancement, a toujours la même actualité dans le contexte international actuel et cela pour plusieurs considérations», a-t-il assuré. Relevant que l’Afrique possède 60% des terres cultivables mondiales, il a souligné que l’exploitation optimale, moderne et durable de ces terres fournira de la nourriture aux habitants du continent et à une grande partie de la population mondiale.
- Tabi Alami a aussi rappelé que l’Afrique regorge de ressources halieutiques avec quelque 13 millions de km² de profondeur marine africaine et 6,5 millions de Km² de plateau continental africain qui disposent de ressources immenses. «Ainsi, nos pays pourront développer une agriculture durable, grâce aux immenses ressources en eau disponibles dans nombre de nos pays, à condition que lesdites ressources soient mobilisées rationnellement et judicieusement», a-t-il dit.
Dans cette même veine, le président de la Chambre des Représentants a indiqué que l’Union Africaine a eu raison d’être suffisamment tournée vers l’avenir en choisissant l’année 2022 comme une année de «nutrition et de renforcement des capacités du continent dans le domaine de la sécurité alimentaire et de la consolidation de l’agriculture vivrière». «En effet, les phénomènes climatiques que nous avons traversés, particulièrement au cours de l’année 2022, et notamment la hausse des degrés de température, laissent présager des changements et des déséquilibres climatiques négatifs, extrêmement dangereux», a-t-il dit, notant que ces mutations ont conduit à la sécheresse, au stress hydrique et à l’allumage des feux de forêt.
Relevant que le continent africain souffre depuis si longtemps de la rareté des services de santé, de la pénurie aiguë d’eau et de la sécheresse, M.Talbi Alami a souligné que l’Afrique est malheureusement en train de payer le prix des émissions de gaz sans recueillir les fruits de l’industrialisation. «Plus encore, la contribution de l’Afrique à ces émissions ne dépasse pas 4%, ce qui conduit à déduire que le continent est bien plus une victime qu’un bourreau», précise-t-il, arguant que ce statut de victime est dû à certaines politiques internationales, à l’élaboration desquelles l’Afrique n’a jamais contribué.
Evoquant les déséquilibres climatiques et la hausse des prix des sources d’énergie, Il a déclaré que les pays africains se doivent de prendre conscience de l’importance des énergies propres dont regorge le continent. L’une des leçons à tirer de ce contexte est que les efforts devraient porter sur la mise en place d’un système de coopération entre les pays africains, estime M. Talbi Alami, relevant que des unités de production médicale doivent être créées et la coopération Sud-Sud doit être encouragée, ce qui permettra de ramener les compétences et les cerveaux africains et de stimuler la recherche scientifique et la dynamique du sol africain.
«En tant que parlementaires, nous devons plaider, au niveau international, en ce sens. Il faut sécuriser les médicaments pour tous et lever toutes les barricades qui s’opposent à la création d’une industrie pharmaceutique africaine indépendante, notamment les brevets qui servent de moyen de pérennisation et de justification des monopoles», suggère-t-il.
Et d’ajouter qu’en tant que parlementaires, «nous devons également plaider pour le transfert de technologie vers l’Afrique et œuvrer pour faciliter le retour des cerveaux africains dans leur patrie».
Le président de la Chambre des Représentants estime également que pour atteindre ces objectifs, «il nous est demandé de fixer un cadre politique et de faire des efforts coordonnés qui doivent être déployés au niveau international. Il faut aussi élaborer des législations nationales simplifiées et des politiques publiques, dont la supervision, l’évaluation, la mise en œuvre et le contrôle de la qualité doivent être supervisés par le Parlement».
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