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Rabat et Madrid, un tandem stratégique pour un hub euro-africain

Par Fayçal El Amrani


Lors du IIe Forum économique et social de la Méditerranée, organisé à Málaga par Prensa Ibérica avec le soutien de la Fondation La Caixa, le Maroc s’est affirmé comme un carrefour privilégié pour les investissements européens vers l’Afrique et le Moyen-Orient. C’est le message qu’ont défendu deux figures clés de l’écosystème économique marocain : Said Ibrahimi, directeur général de Casablanca Finance City, et Moncef Belkhayat, PDG du groupe Dislog Industries.

Les entreprises marocaines à la conquête des marchés européens

Dans le cadre d’une table ronde dédiée à la coopération euro-méditerranéenne, modérée par Rosa Cañadas, présidente de la Fondation Tanja et de Talea Capital, les deux dirigeants ont mis en avant le rôle croissant du Royaume dans les dynamiques d’investissement régionales, tout en insistant sur la nécessité d’une meilleure convergence réglementaire avec l’Union européenne.

 

Said Ibrahimi a souligné la valeur géostratégique unique du Maroc, qui se positionne comme un point d’ancrage fiable pour les investisseurs européens désireux de s’étendre vers l’Afrique subsaharienne ou le Moyen-Orient. Il a mis en exergue les atouts structurels du Royaume : une monarchie stable, une résilience macroéconomique reconnue, et des infrastructures de premier plan, telles que le port Tanger Med et les aéroports internationaux bien connectés. « Tous ces éléments réunis font du Maroc une porte d’entrée sécurisée vers le continent africain », a-t-il affirmé, en appelant à une coopération renforcée avec l’Espagne, véritable plateforme de relai entre l’Europe et le Maroc.

 

Selon lui, l’heure est venue de structurer davantage cette interconnexion, notamment en harmonisant les législations, les standards administratifs et les politiques douanières entre les deux rives de la Méditerranée. Il a également évoqué les défis relatifs à la mobilité de la main-d’œuvre, question cruciale pour favoriser les synergies économiques dans les secteurs stratégiques.

 

Moncef Belkhayat, à la tête de Dislog Industries – un groupe marocain actif dans la logistique, la santé et les biens de consommation –, a pour sa part mis en avant l’élan d’expansion internationale des entreprises marocaines, en citant l’exemple de sa propre implantation en Espagne, à Barcelone. Il a salué la présence de près de 1 000 entreprises espagnoles opérant actuellement au Maroc, tout en regrettant la faible représentation des grandes firmes de l’IBEX 35 dans cette dynamique bilatérale. « Nous devons aller plus loin. Le Maroc est à l’aube d’une croissance rapide, notamment grâce à l’organisation conjointe de la Coupe du monde 2030, ce qui multiplie les opportunités d’investissement », a-t-il soutenu.

 

Il a également appelé à consolider l’espace méditerranéen comme pôle économique autonome, fondé sur une coopération équilibrée entre Nord et Sud, et propice à une intégration accrue des chaînes de valeur industrielles et commerciales. « Si nous voulons bâtir un véritable espace euro-méditerranéen socio-économique, nous devons impérativement renforcer les mécanismes de coopération interrégionale », a-t-il insisté.

Le Maroc, partenaire stratégique dans un contexte incertain

Dans un contexte international instable, marqué par des tensions géopolitiques et des ruptures d’approvisionnement, le Maroc fait valoir sa stabilité politique et sa capacité d’intermédiation économique.

Le message porté à Málaga traduit une volonté affirmée des acteurs marocains de s’ériger en partenaire stratégique de l’Europe, en s’appuyant sur l’Espagne comme passerelle naturelle et catalyseur de convergence.


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