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Quand l’insécurité routière devient le reflet d’un malaise plus profond à Tanger

Les récents accidents de la circulation survenus à Tanger rappellent une réalité inquiétante : derrière chaque drame, il y a souvent des comportements humains à risque, notamment la consommation d’alcool ou de drogues associée à la conduite. Dans une ville en pleine mutation, entre dynamisme économique et pression urbaine, ces dérives ne sont pas de simples incidents isolés. Elles traduisent un problème structurel qui exige une réponse ferme, coordonnée et durable.

Par Yassine Andaloussi


Il y a des semaines qui marquent une ville. À Tanger, les derniers jours ont laissé un goût amer. Trop d’accidents graves, trop de sirènes dans la nuit, trop de familles bouleversées. Et derrière ces drames, une réalité qu’on connaît tous mais qu’on préfère parfois ignorer. L’alcool, la drogue dur et le volant ne font jamais bon ménage.

Ce ne sont pas que des chiffres. Ce sont des visages, des prénoms, des histoires brutalement interrompues. Un jeune qui ne rentre pas chez lui. Une mère qui attend un appel qui ne viendra plus jamais comme avant. Et cette question qui revient, lourde, insistante. Est-ce que cela aurait pu être évité. Bien souvent, la réponse est oui.

Il faut avoir le courage de le dire. Conduire après avoir consommé n’est pas une simple erreur. C’est un choix. Un choix qui met en danger tout le monde. Celui qui conduit bien sûr, mais aussi les autres, ceux qui n’ont rien demandé et qui se retrouvent au mauvais endroit au mauvais moment.

Les drogues dures aggravent considérablement les risques sur la route, bien au-delà de ce que l’on imagine. Elles altèrent la perception, ralentissent les réflexes, faussent le jugement et donnent parfois une illusion de contrôle qui n’existe pas. Sous leur emprise, un conducteur devient imprévisible, incapable d’anticiper le danger, et transforme chaque trajet en menace potentielle pour lui-même et pour les autres. Mais se limiter à sanctionner les usagers ne suffit pas. Le problème est aussi en amont. Tant que ces substances circulent facilement, le risque persistera. Il devient donc essentiel de s’attaquer aux chaînes d’approvisionnement, de démanteler les réseaux de trafic et de réduire l’accès à ces drogues. Agir à la source, c’est réduire la présence du danger sur les routes et freiner une dynamique qui, autrement, continuera de coûter des vies innocentes.

Tanger est une ville vivante, ouverte, en mouvement permanent. C’est ce qui fait sa force. Mais c’est aussi ce qui rend ces comportements encore plus dangereux. Chaque route est partagée. Chaque trajet peut croiser celui de quelqu’un qui a pris une mauvaise décision. Et c’est toute la ville qui en paie le prix, dans sa chair et dans son image.

On ne peut plus fermer les yeux. Les autorités sont présentes, mais la situation exige davantage. Des contrôles plus fréquents, plus imprévisibles, pour casser cette idée que l’on peut toujours passer entre les mailles du filet. Il ne s’agit pas de punir pour punir, mais de prévenir, d’éviter l’irréparable.

Il y a aussi un autre combat, plus silencieux mais tout aussi important. Celui contre l’habitude, contre cette banalisation qui s’installe petit à petit. Quand certains comportements dangereux cessent de choquer, ils finissent par se répéter.

La responsabilité ne repose pas uniquement sur les institutions. Elle est aussi entre nos mains. Refuser de monter avec un conducteur sous influence. Retenir un ami qui s’apprête à prendre le volant. Oser dire non. Ce sont des gestes simples, parfois difficiles, mais essentiels.

Tanger mérite mieux que ces drames répétés. Elle mérite des routes sûres, des nuits apaisées, des vies protégées.

Au fond, il ne s’agit pas de règles ou de sanctions. Il s’agit de vies humaines. Et une seule vie perdue est déjà une de trop.


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