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Le parie sur la cellule familiale comme premier rempart de protection

Naïma Ben Yahia place la famille au centre de la lutte contre l'exploitation des enfants et la mendicité. Focus sur la prévention et le soutien budgétaire

LA VÉRITÉ


Face au fléau persistant de la mendicité et de l’exploitation des mineurs, le gouvernement affine sa doctrine. Lors d’une séance de questions orales à la Chambre des conseillers ce mardi 21 avril 2026, la ministre de la Solidarité, de l’Insertion sociale et de la Famille, Naïma Ben Yahia, a réaffirmé une conviction centrale : la protection de l’enfance ne peut être efficace que si elle prend racine au sein de la famille. En déplaçant le curseur du traitement curatif vers la prévention structurelle, le ministère entend tarir les sources de la vulnérabilité sociale.

L’approche défendue par Mme Ben Yahia rompt avec les méthodes classiques de gestion des cas d’exploitation. L’objectif est désormais de s’attaquer aux causes profondes — qu’elles soient économiques ou éducatives — avant que l’enfant ne se retrouve à la rue. Cette politique publique de la famille vise à doter les parents de mécanismes de protection et de ressources éducatives, transformant le foyer en un bouclier contre le sans-abrisme et les réseaux de mendicité.

Pour donner corps à cette vision, le ministère a mobilisé des moyens financiers conséquents. Une subvention annuelle de 40 millions de dirhams a été allouée à 153 établissements de protection sociale. Ce fonds bénéficie directement à plus de 3 000 personnes en situation de précarité extrême. Paradoxalement, l’ambition du ministère est de réduire le nombre de bénéficiaires en institution : en renforçant l’autonomie des familles, l’État espère favoriser le maintien ou le retour des enfants dans leur milieu naturel, tout en garantissant un accompagnement strict pour ceux dont le placement reste nécessaire.

L’une des annonces majeures de cette intervention est le lancement de la première enquête nationale sur la violence à l’encontre des enfants. Réalisée en partenariat avec le Haut-Commissariat au Plan (HCP) et l’UNICEF, cette étude inclut spécifiquement la mendicité comme une forme d’exploitation à part entière. Cette démarche scientifique permettra de cartographier avec précision l’ampleur du phénomène et d’affiner les politiques publiques sur la base de données probantes, loin des estimations approximatives.

La ministre a également souligné que la protection de l’enfance ne peut être le domaine d’un seul département. Le renforcement de la coordination entre les centres de protection de l’enfance, les autorités locales et les partenaires internationaux est au cœur de cette vision globale. Il s’agit de consacrer une approche où chaque partie prenante agit en synergie pour garantir l’intérêt supérieur de l’enfant.

L’engagement de la ministre marque une étape clé dans la consolidation de l’État social. En plaçant la famille au cœur de son dispositif, le Maroc reconnaît que la lutte contre la mendicité n’est pas seulement une question de sécurité publique, mais un défi de dignité humaine et de solidarité nationale.


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