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    Par:  

    Hicham El Moussaoui

  • 15 septembre 2020  à 17:38
  • Temps de lecture: 5 minutes
  • SOCIÉTÉProtection de l’enfance: Le débat des approches à adopter

    Protection de l’enfance: Le débat des approches à adopter
    Appel à mettre en place un système "alerte enlèvement" sous l'autorité du Ministère public

    Le débat sur la protection de l’enfance au Maroc est revenu au devant de l’actualité après une série d’atteintes contre les enfants et les mineurs, qui ont suscité un profond émoi au sein de la société, poussant les associations de la société civile et les organisations de défense des droits de l’Homme à réclamer davantage de vigilance et de mobilisation pour protéger cette catégorie particulièrement vulnérable.

    Entre approches éducatives ou répressives, initiatives de la société civile ou encore des mesures juridiques mises en place par les instances publiques, les opinions et les positions divergent, même si tout le monde s’accorde sur la nécessité de fournir plus d’efforts et de mieux coordonner les interventions afin d’atteindre l’objectif d’une enfance à l’abri des menaces, à la fois physiques et celles du monde virtuel, assurant ainsi un environnement sain pour l’épanouissement des générations montantes.

    A cet égard, Ahmed El Amrani, membre du bureau central de la Ligue marocaine pour la défense des droits de l’Homme, a souligné que les enfants ne disposent pas de capacités cognitives à même de leur permettre d’identifier les dangers et de les éviter, d’où la nécessité de « mettre en place des approches de protection de l’enfance, sensibiliser aux dangers qui menacent cette catégorie et activer le plaidoyer pour réaliser la justice en cas de pratiques illégales à l’égard des mineurs ».

    La ville de Tanger a été secouée en fin de semaine par un homicide volontaire sur mineur avec attentat à la pudeur, un crime révélé quelque jours après la disparition de la victime, suscitant un choc au sein de l’opinion publique, qui a réclamé justice et les peines les plus lourdes à l’encontre de l’auteur présumé.

    Dans une déclaration à la MAP, l’avocat au Barreau de Tanger, Mohamed Karim Mabrouk, a relevé que ce crime a fait resurgir le débat sur les peines pratiquées à l’encontre des auteurs et des personnes impliquées dans ce genre de crimes, notant que le Code pénal marocain, dans les articles 471 à 474, punit de la peine de mort l’enlèvement suivi du meurtre d’un mineur.

    La loi marocaine a consacré des chapitres aux crimes et délits qui touchent cette catégorie vulnérable, notamment la mendicité, la violence, l’exploitation des mineurs pour commettre des actes criminels, l’abandon des enfants ou leur exposition au danger ainsi que la négligence familiale qui peut nuire aux enfants, a-t-il rappelé.

    Il a appelé, dans ce sens, à durcir encore plus les sanctions pénales et dissuasives pour toutes formes de délits et crimes touchant les mineurs, bien que la loi marocaine « comporte déjà des textes considérés comme avancés que ce soit dans leur structure ou leur contenu ».

    De son côté, M. El Amrani est revenu sur les efforts des associations de la société civile et des organisations de défense des droits de l’Homme dans le domaine de la protection de l’enfance, qui agissent sur le plan éducatif et pédagogique sans négliger pour autant le volet punitif, sachant que les peines à caractère dissuasif, pouvant atteindre la peine capitale, « sont nécessaires pour garantir la sécurité et la quiétude dans une société ».

    « Le recours à des sanctions pénales durcies pour les crimes contre les mineurs a généralement un effet décisif », a-t-il estimé, appelant la justice, dans le cadre du pouvoir discrétionnaire du juge, à prononcer les sanctions les plus lourdes pour tout crime portant atteinte à l’enfance, tout en adaptant la peine au fait reproché.

    S’agissant du volet éducatif, les associations sont appelées à renforcer la sensibilisation au sein des familles et de la société, afin de contribuer à l’effort collectif visant à protéger cette frange vulnérable et signaler tout comportement suspect, a dit M. El Amrani, ajoutant que la « prise de conscience préalable protège l’enfance ».

    Si les textes juridiques apportent à l’enfance une protection légale contre les agressions, en particulier physiques, le volet éducatif représente, quant à lui, la première barrière de sécurité, puisqu’il sensibilise les enfants eux-mêmes et renforce leur vigilance face aux dangers. Cela permet une intervention rapide et proactive, comme en témoigne l’arrestation d’un suspect à Tanger, samedi dernier, dans une affaire de détournement et de tentative d’attentat à la pudeur d’un mineur.

    Mohamed Tayeb Bouchiba, coordinateur de l’organisation « Touche pas à mon enfant » dans la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima, qui avait mis en place un guide des acteurs et des services de protection de l’enfance au niveau de la commune de Tanger, s’est arrêté, quant à lui, sur les lacunes du système actuel de protection de l’enfance, indiquant que la violence contre les enfants est un phénomène qui inquiète l’ensemble des composantes de la société.

    Il a appelé, dans ce sens, à mettre en place un système « alerte enlèvement » sous l’autorité du Ministère public, avec la contribution des médias, des organismes publics et des associations de la société civile, soulignant l’importance de parachever le projet du conseil consultatif de la famille et de l’enfance, en vue d’élargir la protection des enfants contre toutes formes de violence.

    Le crime ignoble qui s’est produit à Tanger la semaine dernière doit inciter à « rompre avec la confusion existante dans le domaine de la protection de l’enfance » et à élaborer de véritables mécanismes de protection sur la base des dispositions de la Constitution de 2011, a dit M. Bouchiba. « Investir dans l’enfance est la voie la plus courte pour réaliser le développement durable pour un Maroc sûr pour ses enfants », a-t-il conclu.

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