Procès Saïd Naciri : documents contestés et témoins clés
Une pièce maîtresse, la villa California, attise les tensions entre défense et accusations
LA VÉRITÉ
Le procès de Saïd Naciri se poursuit avec intensité devant la Cour d’appel de Casablanca, mobilisant l’attention autour d’enjeux majeurs liés à la propriété immobilière et aux accusations multiples. Lors de la dernière audience tenue le jeudi 31 juillet 2025, la cour a entendu un témoin présenté comme un ancien proche de Naciri, ancien président du Wydad Casablanca et du Conseil préfectoral de la ville. Ce témoin a remis à la cour deux documents dont il estime qu’ils constituent des preuves déterminantes pour le dossier.
Cependant, la défense s’est empressée de contester la validité des pièces soumises. Un des documents, une facture de consommation d’eau et d’électricité, avait déjà été présenté plus tôt dans la procédure mais écarté après vérification. Selon les avocats, une attestation émanant de l’administration chargée de l’eau et de l’électricité confirme qu’aucune consommation n’a été enregistrée dans la villa concernée durant la période litigieuse. Ainsi, la défense remet en cause la pertinence même de ces éléments pour établir une quelconque continuité de possession antérieure à 2017.
Par ailleurs, les avocats ont souligné des contradictions manifestes entre les témoignages du nouveau témoin, du plaignant principal Hadj Ben Brahim, à l’origine de la plainte, et d’un autre intervenant. Ils insistent aussi sur l’absence de signature ou d’engagement juridique des documents présentés, ces derniers étant des bons de livraison émis par une société impliquée dans le dossier, ce qui les rend juridiquement fragiles.
Le témoin a par ailleurs révélé une demande controversée formulée par Saïd Naciri lui reprochant de fournir une attestation justifiant un don d’un montant de huit millions de dirhams. Celle-ci aurait été refusée par ce dernier, refus désormais attesté dans le cadre du procès.
En toile de fond, la célèbre villa située dans le quartier huppé « California » à Casablanca demeure au centre des tensions. Saïd Naciri affirme l’avoir acquise légalement en 2017 via une société civile immobilière, Prado, spécialement créée pour cette acquisition. Or, Hadj Ben Brahim soutient que cette villa faisait auparavant partie de son patrimoine immobilier avant cette date, ce que les débats cherchent précisément à éclaircir.
Dans cette affaire complexe, la Cour a décidé d’entendre de nouveaux témoins, parmi lesquels figurent une personnalité du milieu artistique, un notaire, ainsi que le chef d’une zawiya. Ces auditions visent à approfondir la lumière sur les différentes versions contradictoires. L’audience a été reportée au 18 septembre 2025 pour la poursuite des débats.
Ce volet s’inscrit dans un contexte plus large où Saïd Naciri est accusé dans une affaire impliquant blanchiment d’argent, trafic de drogue, et autres chefs graves. Les tensions restent vives entre accusés et témoins, tandis que la justice cherche à démêler les faits dans ce dossier hautement médiatisé et sensible à Casablanca.
Ainsi, la confrontation entre documents contestés, témoignages contradictoires et preuves matérielles continue de rythmer le procès, avec une intensification probable à mesure que de nouveaux intervenants sont entendus.
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