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Présentation à Lisbonne du nouvel ouvrage « le Maroc et le Portugal, regards croisés » de Driss Guerraoui

LA VÉRITÉ / MAP


Le professeur émérite Driss Guerraoui a présenté, jeudi à Lisbonne, son nouvel ouvrage intitulé « le Maroc et le Portugal, regards croisés », qui illustre et valorise le patrimoine historique commun des deux nations, à travers, notamment, des témoignages d’éminentes personnalités diplomatiques, politiques et culturelles des deux pays.

Dans son livre, le président de la région MENA de l’Institut Luso-Arabe de Coopération met en lumière les traits majeurs des représentations croisées des Marocains et des Portugais au fil de l’histoire et présente les principaux résultats d’une enquête approfondie sur l’image du Portugal au Maroc dans le but de « tirer les leçons du présent et les enseignements pour l’avenir ».

Le sujet est “d’une grande actualité, particulièrement dans un monde où, d’une part, les préjugés et les stéréotypes sont source d’incompréhensions et d’obstacles à des constructions communes entre les peuples, nourrissant ainsi la haine, le racisme et l’antisémitisme, et d’autre part, dans un contexte international où la question du vivre ensemble, de la tolérance et du dialogue entre les civilisations, les cultures et les religions est devenue au cœur des enjeux sociétaux de notre temps”, explique l’universitaire, nommé récemment membre de l’Académie du Royaume, lors de la présentation de son ouvrage à la résidence de l’ambassadeur du Royaume à Lisbonne.

L’idée de réaliser un livre sur l’image du Portugal au Maroc lui est venue lors de “son voyage à Lisbonne en 2017, à l’invitation conjointe du président de l’Académie des sciences du Portugal, Artur Anselmo de Oliveira Soares, l’ancien président de l’Institut luso-arabe de coopération, feu Manuel Pechirra”.

A travers ses recherches, le professeur a relevé trois faits majeurs, fait-il savoir. Il s’agit de la “la méconnaissance” des Marocains et des Portugais de leur héritage historique commun qui porte sur plus de trois siècles et demi (1415-1769), “l’admiration et la fierté” du peuple portugais de s’approprier les traits de la civilisation du monde arabe et de l’Islam, encore préservés et le “fossé” qui existe entre cette représentation positive et l’importance de valoriser le potentiel de développement des relations de coopération entre les deux pays”.

Intervenant à cette occasion, l’ambassadeur du Royaume à Lisbonne, Othman Bahnini, a affirmé que le Maroc et le Portugal occupent “une place réelle dans l’imaginaire collectif des Marocains et des Portugais en raison de l’histoire, de la géographie, des relations humaines, culturelles et économiques qu’ils ont su développer durant des siècles”.

Selon le diplomate, les deux pays font l’objet à la fois d’une fascination et d’une curiosité réciproque. L’étude scientifique menée par le Professeur Guerraoui ainsi que les enseignements qu’elle porte “contribueront sans aucun doute à enrichir l’épopée de notre histoire commune de ce qui nous a unit par le passé, et qui constitue le socle historique sur lequel repose aujourd’hui les relations entre le Maroc et le Portugal”, a estimé M. Bahnini.

D’après lui, cet héritage partagé montre combien « nos deux pays ont toujours su, avec intelligence, sagesse et clairvoyance, transcender certaines vicissitudes passagères de notre histoire pour en faire un magnifique et riche héritage civilisationnel, au service d’une relation que nous souhaitons exemplaire à tout égard ». L’ambassadeur a, en outre, saisi l’occasion pour présenter la multitude des liens socioculturels entre les deux pays, en l’occurrence aux niveaux architectural, linguistique et maritime.

Présenté également à l’Académie des sciences de Lisbonne, l’ouvrage de M. Guerraoui recueille des témoignages de personnalités marocaines et portugaises appartenant au monde de la culture, du savoir, de la politique, de la diplomatie, de l’entreprise et de la société civile, que sont pour le Maroc M. Bahnini, et l’ancienne Représentante Permanente du Maroc auprès de l’UNESCO et ancienne secrétaire d’Etat, Aziza Bennani, l’ancien ministre Abdellatif Guerraoui, et les Professeurs Otmane Mansouri et Tawfiq Rkibi.

Du Portugal, Son Altesse Royale Dom Duarte, Duc de Bragança, le président du Conseil d’Administration de la SOFID, Antonio Rebelo de Sousa, le fondateur et ancien président de l’Institut Luso-Arabe de coopération, feu Manuel A. Pechirra, le député et président du Think tank IPDAL, Paulo Neves, la directrice du Evora Africa Festival et duchesse de Cadaval, Alexandra De Cadaval, le Consul honoraire du Maroc à Algarve, José Alberto Alegria, l’écrivaine capverdienne et spécialiste de l’histoire des juifs d’origine marocaine, Angela Sofia Benoliel Coutinho, ont ajouté leur pierre à l’édifice.

Les Professeurs Mohamed Noureddine Affaya et Abdelmajid Kaddouri ont également participé par des textes à l’ouvrage de M. Guerraoui, élu en 2017 membre de l’Académie des sciences de Lisbonne, devenant ainsi le premier Marocain à intégrer cette institution prestigieuse, créée le 24 décembre 1779 sous le règne de Marie Première de Portugal.


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