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PPS : Benabdellah reconnaît l’éparpillement de la gauche

Le PPS lance sa campagne pour les législatives 2026. Nabil Benabdallah acte l'échec de l'union de la gauche et présente son projet électoral

LA VÉRITÉ


À moins de trois mois des législatives du 23 septembre 2026, le Parti du progrès et du socialisme (PPS) a officiellement lancé sa machine électorale. Réuni samedi pour la huitième session de son comité central, le parti a validé une large part de ses candidatures tout en dressant un réquisitoire sévère contre le gouvernement sortant. Mais au-delà de la logistique électorale, c’est une note de lucidité, teintée d’amertume, qui a marqué le discours du secrétaire général, Nabil Benabdallah, concernant l’unité de la famille progressiste.

Une bataille électorale en ordre dispersé

Le constat est sans appel : le PPS aurait souhaité aborder ce scrutin en rangs serrés avec les autres forces de gauche. Pourtant, l’union n’aura pas lieu. Avec une franchise inhabituelle, Nabil Benabdallah a reconnu l’échec des tentatives de rapprochement, évoquant des obstacles « souvent non fondés, pour ne pas dire creux ».

Si cet échec tactique prive la gauche d’une dynamique commune pour cette échéance précise, le secrétaire général a tenu à relativiser la portée de cette division : « L’unité de la gauche est notre destin, c’est un horizon bien plus vaste qu’une simple bataille électorale ». Une manière de maintenir l’ambition stratégique intacte, malgré les blocages conjoncturels.

80 candidats sur la ligne de départ

Sur le terrain, la stratégie du PPS se précise. Le parti a déjà investi 80 candidats pour les 92 circonscriptions nationales. Un processus marqué par une volonté de renouvellement : 6 femmes mènent des listes dans des circonscriptions clés, et une place importante est faite à une nouvelle génération de cadres, avec 8 candidats de moins de 35 ans.

Pour les 12 circonscriptions restantes, le parti joue la montre, préférant attendre l’émergence de profils locaux mieux ancrés. Plus intrigant encore, 18 profils restent sous scellés jusqu’à la fin du mois. Il s’agit, selon nos informations, de candidats issus d’autres formations politiques dont la régularisation administrative est en cours. Le parti prend ainsi toutes les précautions pour éviter les risques d’invalidation, tout en misant sur des renforts tactiques venus d’horizons divers.

Un programme en quatre axes contre l’oligarchie

Le rapport politique présenté par M. Benabdallah a servi de tribune pour dénoncer ce qu’il qualifie de « choix de classe au service des oligarchies ». Chiffres à l’appui, il a fustigé l’augmentation de la pauvreté, du chômage des jeunes et le creusement réel du déficit budgétaire, qu’il estime bien plus élevé que les chiffres officiels.

Pour répondre à ce qu’il appelle le « rejet sociétal de la corruption » (le phénomène faraqchiya), le PPS propose un programme structuré autour de quatre axes : le développement humain, avec la généralisation de l’assurance maladie, le recrutement massif dans la santé et l’éducation, et la revalorisation des salaires et retraites minimales ; l’économie, via la création d’une banque publique d’investissement et le soutien à l’industrie pour porter sa contribution au PIB à 20 % ; les réformes institutionnelles, par l’activation réelle des instances constitutionnelles et la promotion de l’égalité effective ; et enfin la souveraineté, en affirmant le Maroc comme un acteur régional attaché au droit international.

« Nzaâmo kamline » : l’appel à la mobilisation

Malgré l’éparpillement de la gauche et la rudesse de la campagne qui s’annonce, le PPS a conclu ses travaux sur une note galvanisante. Le secrétaire général a exhorté ses troupes à transformer le mécontentement populaire en engagement politique concret. En scandant le slogan « Nzaâmo kamline » (Osons tous ensemble), le PPS a donné le coup d’envoi de sa campagne. Le message est clair : les vacances sont terminées, la bataille électorale, elle, ne fait que commencer.


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