PORTNET a réduit les délais de 5 jours à 3 heures : Le Maroc, modèle de logistique pour l’ONU !
L'ONU révèle pourquoi le partenariat public-privé marocain est la clé pour réduire les coûts logistiques. Un modèle à suivre.
LA VÉRITÉ
C’est une reconnaissance qui résonne bien au-delà des eaux méditerranéennes. L’ONU Commerce et Développement (CNUCED) a fait sensation à Genève le 25 septembre 2025 en publiant son « Rapport 2025 sur les transports maritimes ». L’événement, marqué par une conférence de presse détaillée, a désigné sans équivoque le Maroc comme une référence mondiale. Il s’agit d’un modèle de réussite éclatant en matière de digitalisation et de facilitation du commerce international. Comment un système électronique unique a-t-il pu propulser le commerce marocain au sommet des priorités de l’ONU ?
Une bonne pratique à partager avec les pays en développement
L’analyse approfondie, détaillée au chapitre 4 du rapport Review of Maritime Transport 2025, met en lumière le système marocain PORTNET. Ce guichet unique électronique est dédié aux ports et aux opérations commerciales. En effet, la CNUCED le présente comme une « bonne pratique à partager avec les pays en développement ». Ce système a démontré un impact positif majeur sur la transparence, la coordination logistique et la conformité réglementaire. Hassiba Benamara, économiste à la Trade Logistics Branch de la CNUCED, a souligné ce succès lors de la conférence de presse à Genève. Elle a déclaré que « Le système marocain PORTNET est un exemple de coopération réussie entre le secteur public et le secteur privé ». Par conséquent, il a amélioré « la connectivité maritime, la performance logistique, mais aussi la conformité aux engagements internationaux, comme l’Accord sur la facilitation des échanges de l’OMC ».
La transformation des délais et des coûts logistiques
Lancé initialement en 2011 comme simple guichet unique maritime, PORTNET a rapidement étendu son champ d’action. Ainsi, dès 2015, il a intégré l’ensemble des démarches administratives liées aux échanges internationaux. Aujourd’hui, le système couvre quatorze ports marocains sous la supervision de l’Agence nationale des Ports (ANP). De plus, quarante-deux organismes publics sont connectés, offrant cent vingt services en ligne. Ces services incluent les formalités liées à l’arrivée et au départ des navires, ainsi qu’au dédouanement et à la logistique. L’efficacité est spectaculaire, chaque jour, la plateforme traite cinq mille transactions. Par ailleurs, le Maroc a vu les délais de traitement des licences d’importation chuter de cinq jours à seulement trois heures. Ceci renforce la compétitivité d’un commerce extérieur où le transport maritime représente plus de 95 % des flux import/export.
Le partenariat public-privé, clé de voûte de la réussite
Pour les experts de la CNUCED, le succès de PORTNET repose sur une double victoire institutionnelle et technique. Céline Bacrot, économiste à la Division Technologie et Logistique de la CNUCED, a insisté sur la solidité du modèle. Elle a affirmé que « Ce système fonctionne grâce à un partenariat public-privé solide ». En outre, l’État marocain a joué un rôle déterminant. Il a su « créer un cadre favorable à l’écoute des besoins de la communauté d’affaires ». De ce fait, une réforme digitale profonde a permis de réduire considérablement « les délais et les coûts logistiques ». Selon l’experte onusienne, « les chiffres parlent d’eux-mêmes ». Elle constate qu’« En quasiment 20 ans, il y a eu un boom du nombre d’opérateurs, de partenariats, et d’agences ».
Fluidité des échanges et confiance dans l’écosystème
PORTNET a su gagner la confiance des acteurs économiques. Le système dessert aujourd’hui plus de quatre-vingt-dix-neuf mille utilisateurs. Ce nombre impressionnant inclut quatre-vingts mille opérateurs économiques et mille huit cents transitaires. Mais encore, le système permet de ne soumettre les données qu’une seule fois dans 95 % des cas. Cette interopérabilité essentielle facilite grandement la fluidité des échanges. En conséquence, elle renforce la confiance dans l’écosystème portuaire marocain.
L’ascension géostratégique de Tanger Med
Le rapport de la CNUCED ne se limite pas à PORTNET. Il salue également la montée en puissance du port de Tanger Med. Certes, sa performance s’appuie sur la digitalisation des procédures. Toutefois, son succès est aussi lié à un positionnement géostratégique clé à l’entrée de la Méditerranée. La succession de crises logistiques mondiales, notamment le blocage du canal de Suez, a mis en lumière son importance. Ainsi, Tanger Med a vu son rôle renforcé comme port de transbordement de référence en Afrique et en Méditerranée occidentale. Pour Madame Bacrot, ce succès découle surtout de facteurs endogènes. Elle a souligné que « Tanger Med est aujourd’hui un modèle en matière d’investissements logistiques et d’efficacité portuaire ». Dès lors, il attire les grandes compagnies maritimes qui cherchent « fiabilité et services à haute valeur ajoutée ».
Une vision claire pour un atout stratégique
Pour conclure, le cas du Maroc, selon la CNUCED, est emblématique. Il montre comment « une vision claire, soutenue par des réformes concrètes et une gouvernance collaborative, peut transformer l’infrastructure commerciale d’un pays en atout stratégique ». En conséquence, l’organisation onusienne recommande vivement de s’inspirer de l’expérience marocaine. En définitive, l’objectif est de renforcer la compétitivité logistique des pays en développement et de réduire les coûts du commerce international. Ce besoin est d’autant plus pressant dans un contexte de forte volatilité des chaînes d’approvisionnement mondiales. Le Maroc a prouvé que la digitalisation n’est pas une option, mais un levier stratégique.
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