Point de mire : Télémédecine, une pratique sans garde-fous ?

La pratique de la télémédecine atterrit au Maroc à travers un projet de décret qui a été adopté par le Conseil de gouvernement vendredi 25 mai 2018. Selon le projet de décret, la pratique de la télémédecine dans les centres médicaux universitaires, les établissements de santé à but non lucratif, les établissements de soins privés, et par les médecins exerçant dans le secteur privé est soumise à une autorisation du ministère de la Santé. Elle regroupe la téléconsultation, la télé-expertise, la télésurveillance, et la téléassistance médicale.
Mais comment concevoir une consultation à distance ? Une interrogation légitime quand on sait qu’une simple toux peut cacher les symptômes d’une maladie grave, tels la tuberculose ou un cancer de poumon. C’est d’autant plus grave que si elle n’est pas traitée à temps, cette maladie risque d’aggraver la santé du patient et menacer de contagion d’autres personnes de son entourage.
Par ailleurs, les médecins du secteur libéral s’inquiètent du fait que le projet de décret ne spécifie pas d’interdits et laisse libre la voix aux pratiques frauduleuses des investisseurs malintentionnés. Ils se demandent si ce décret serait un moyen de légitimiser ce qui est interdit par la loi, à savoir l’orientation du patient, à travers une pseudo téléconsultation, vers des cliniques privées existantes et d’autres en cours de création par des investisseurs privés. En d’autres termes, les médecins du secteur libéral s’opposent au projet de décret relatif à la télémédecine soupçonnant une autorisation aux investisseurs privés de drainer des patients vers leurs cliniques. L’ombre d’un doute ne doit pas être admis et le décret devrait contenir des mentions qui interdisent ce genre de pratiques, des garde-fous.

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