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Point de mire : Les gouvernements changent, l’amitié maroco-espagnole reste

C’est la première fois dans l’histoire de la démocratie espagnole qu’un gouvernement est renversé suite à une motion de censure, régie par l’article 113 de la Constitution du voisin ibérique fixant les mécanismes à mettre en œuvre lorsque le Congrès des députés retire sa confiance au président du gouvernement.

A la tête du gouvernement espagnol depuis décembre 2011, Rajoy a reconnu avant même le vote qu’une majorité des députés allait approuver la motion de censure déposée par le Parti socialiste de Sanchez et porter ce dernier à la tête du gouvernement.

« Nous pouvons présumer que la motion de censure sera adoptée. En conséquence, Pedro Sanchez va être le nouveau président du gouvernement », a-t-il déclaré quelques minutes avant le vote.

Le groupe parlementaire du PSOE avait déposé la semaine dernière à la chambre basse du parlement espagnol une motion de censure contre le gouvernement de Mariano Rajoy.

Cette initiative du PSOE intervient en réaction à la sentence prononcée jeudi 24 mai par l’Audience nationale espagnole condamnant les accusés dans l’affaire du réseau de corruption « Gürtel », dans lequel sont impliqués d’anciens responsables du PP, à des peines allant jusqu’à près de 52 ans de prison.

Le PP a été condamné à payer une amende de 245.000 euros pour sa responsabilité civile en tant que bénéficiaire de fonds obtenus illégalement.

Cette motion est la deuxième du genre déposée contre le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy depuis le début de l’actuelle législature, après celle introduite en juin dernier par le parti de gauche radicale Podemos et qui avait été rejetée par le Congrès des députés.

…Et le Maroc dans tout ça?

A s’en tenir à l’actualité récente, les relations du royaume et du PSOE sont dans les meilleures dispositions. Encore récemment, vers la fin du mois d’avril dernier, on soulignait dans la presse à Madrid la forte convergence de vues sur toutes les questions abordées entre le président de la Chambre des représentants, Habib El Malki et le secrétaire général du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), Pedro Sanchez.

Dans une déclaration à la MAP à l’issue de l’entrevue, El Malki a indiqué que cette rencontre a été «très positive», expliquant qu’elle a été l’occasion d’évoquer différentes questions d’intérêt commun sur les plans bilatéral, régional et international.

La situation en Méditerranée, en rapport avec la crise migratoire, a été parmi les sujets abordés, a précisé Habib  El Malki, ajoutant que l’accent a été mis à cet égard sur la nécessité d’une réflexion sur des bases nouvelles au niveau européen et des deux rives de la Méditerranée en vue de dégager de nouvelles perspectives et de nouvelles solutions à cette problématique.

Il a fait savoir que le secrétaire général du PSOE a fortement apprécié, lors de l’entrevue, l’ouverture du Maroc sur l’Afrique et la nouvelle stratégie africaine initiée par le Royaume sous l’impulsion de SM le Roi Mohammed VI.

Pedro Sanchez a fait part de son admiration de l’expérience marocaine de manière générale qu’il a qualifiée d’« unique» sur le plan régional, tout en affirmant que le Maroc, pays qu’il a visité à plusieurs reprises, «est un facteur de stabilité» dans la région, a poursuivi Habib El Malki.

Donc, rien de méchant à suspecter côté parti espagnol, d’autant plus que le Maroc est devenu un repère capital pour les socialistes dans leur conception du bon voisinage. Cette vérité a été rappelée, de manière solennelle, par l’ancien chef du gouvernement espagnol José Luis Rodríguez Zapatero.

Depuis l’Equateur, il a affirmé son soutien à la candidature marocaine pour l’organisation de la Coupe du monde 2026.

Dans une déclaration relayée par l’agence de presse espagnole EFE, l’ancien leader socialiste a affirmé que «l’organisation de la Coupe du monde serait une grande performance pour le Maroc». Et d’ajouter qu’il travaillait aux côtés du royaume pour décrocher le mondial.

Si l’Espagne ne s’est toujours pas prononcée, pour son ex-chef du gouvernement (2004 et 2011), «la candidature du Maroc favorise l’Espagne, en raison de la proximité géographique». Par ailleurs, en ce qui concerne les menaces proférées par Trump, le socialiste espagnol a déclaré ne pas être d’accord avec le président américain, «je ne suis d’accord pratiquement avec rien de ce que dit Trump et encore moins sur ce point».

Sanae El Amrani


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