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Point de mire : L’enfance volée

Au Maroc, 162.000 enfants exercent un travail dangereux et risqué pour leur santé voire pour leur vie. Des employeurs rapaces et aigrefins, faisant fi de la loi interdisant le travail des enfants, n’hésitent pas à faire recours à cette main d’oeuvre exploitable à outrance et sans vergogne.

Le chiffre a été puisé dans les résultats de l’Enquête Nationale sur l’Emploi réalisée par le HCP, à l’occasion de la journée mondiale contre le travail des enfants, qui coïncide chaque année avec le 12 juin, tenue cette année sous le thème «Agir pour éliminer d’urgence le travail dangereux des enfants».

L’occasion de s’arrêter sur la réalité du vécu d’une frange d’enfants marocains qui, contrairement à leurs pairs, épanouis, assument en bas âge, malgré eux, la responsabilité de leurs familles démunies.

En 2017, sur les 7.049.000 enfants âgés de 7 à 17 ans, 247.000 travaillent. Parmi ces derniers, le travail des 162.000 dont on vient d’évoquer la triste réalité. Ce qui correspond à un taux d’incidence de 2,3% (pourcentage d’enfants accomplissant des tâches périlleuses). Les enfants astreints à ce type de travail sont à 76,3% ruraux, 81% masculins et à 73% âgés de 15 à 17 ans. Ce qui veut dire que 27% sont âgés de 7 à 14 ans. Inquiétant, non !

Dans des villes où résistent encore des métiers d’artisanat, des enfants quittent l’école à un âge précoce, passent la journée accroupis du matin au soir, à s’exécuter pour une miche de pain. Et ceux qui les exploitent avancent souvent que c’est pour leur bien car il leur a fallu, à eux aussi, de longues années avant de devenir professionnels. Et en attendant qu’ils deviennent eux aussi professionnels, c’est leur enfance qu’ils perdent à jamais.

Tout ce dysfonctionnement de la société se déroule sous l’oeil passif de l’Etat.


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