« Pays stratégique », le Maroc offre une « plateforme » pour que les produits argentins parviennent en Afrique, Europe et Moyen-Orient

LA VÉRITÉ / MAP
Le gouverneur de la province argentine de Entre-Rios (centre), Gustavo Bordet, a affirmé que le Maroc constitue une « plateforme » idéale pour que les produits d’exportation d’Argentine puissent parvenir en Afrique, en Europe et au Moyen Orient.
Bordet, qui vient de rentrer d’un voyage au Maroc pour explorer les opportunités d’affaires entre le Royaume et trois provinces du centre d’Argentine, a ajouté dans une déclaration à la MAP que le choix s’est porté sur le Maroc parce qu’il s’agit d’un « pays stratégique » qui constitue la porte d’entrée en Afrique pour les produits des trois provinces argentines.
Lors de son séjour au Maroc, le gouverneur de Entre-Rios, une province fertile ceinturée par les deux fleuves les plus importants du pays (Parana et Uruguay, d’où le nom de la province), était accompagné du gouverneur de la province de Santa Fe et du représentant de la Province de Cordoba. Les trois provinces s’étendent sur les terres les plus fertiles du pays et occupent le haut du podium des produits phares d’Argentine (mais, soja, blé, riz, tournesol, myrtille, miel…etc).
Bordet, qui en est à son second mandat à la tête de la province de Entre-Rios (2015-2023), a tenu à souligner qu’une bonne partie de la production agricole de sa province est exportée vers le Maroc, se félicitant que Entre-Rios, qui fait partie de la zone connue comme la Mésopotamie argentine, est l’une des principales provinces productrices et exportatrices de poulet, d’agrumes, de céréales, de myrtilles, de riz et de miel.
Selon les chiffres de 2022, cette province a exporté au Maroc plus de 91.000 tonnes de produits pour un total de plus de 26 millions de dollars. Ces produits sont composés notamment de blé, maïs, orge, concentrés de protéines, miel, tournesol et coton.
Au-delà de ces chiffres, a souligné le gouverneur Bordet, « ce qui nous a le plus intéressé c’est de parvenir à établir un échange parce que notre agriculture a besoin de fertilisants et le Maroc a la possibilité de faire parvenir des fertilisants dans notre pays. Nous avons aussi besoin d’investissements qui favorisent la croissance et le développement de notre production agricole et le Maroc a des choses à apporter » dans ce domaine.
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Dans certains segments productifs, « nous avons besoin de la recherche pour améliorer nos systèmes de production », a poursuivi le gouverneur qui a relevé dans ce contexte l’acquisition d’un brevet marocain de production d’une variante de mandarine sans pépins que l’Argentine exporte ensuite vers d’autres pays du globe.
Les autres domaines prometteurs évoqués par le gouverneur Bordet pour une coopération fructueuse avec le Maroc sont ceux de la génétique animale, les énergies renouvelables, les infrastructures, l’assainissement et l’eau potable.
Dans le cas particulier de sa province, qui a été touchée cette année par « une sécheresse brutale » alors qu’elle est paradoxalement bordée par deux grands fleuves, M. Bordet a fait savoir que sa région pourrait bénéficier de l’expérience marocaine en matière de gestion rationnelle de l’eau, notant que ce sujet avait été abordé lors de son séjour au Maroc, notamment des aspects relatifs à l’autoroute de l’eau.
Le gouverneur Bordet a également mis l’accent sur le projet de construction du port de Dakhla qui pourrait être connecté aux ports fluviaux des provinces de Santa Fe et Entre Rios, qui sont autant de plateformes de départ des produits agricoles vers le monde.
La promotion des échanges bilatéraux et le développement de la coopération dans l’ensemble de ces domaines gagnerait en efficacité lorsque le Maroc et l’Argentine seront reliés par un vol direct et une liaison maritime directe, a plaidé le gouverneur.
Enfin, M. Bordet, qui avait visité pour la première fois le Maroc en 1996, s’est dit agréablement surpris par la métamorphose du pays. « J’ai été particulièrement frappé par le développement du réseau routier et autoroutier (…) il est évident qu’il y a une programmation stratégique, des politiques publiques à long terme et pour nous, qui sommes dans la gestion de la chose publique, il s’agit d’un grand défi à relever ».

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