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Partis politiques : la Cour des comptes à l’avant-garde de la transparence financière

Financement des partis : la Cour des comptes passe au crible et secoue les vieilles habitudes

Par Yassine Andaloussi


Le financement public des partis politiques a longtemps suscité interrogations et polémiques. En 2023, un tournant semble s’opérer sous l’impulsion déterminante de la Cour des comptes. Non seulement l’institution a renforcé sa mission de contrôle, mais elle a également contribué à instaurer une nouvelle culture de redevabilité au sein des formations politiques marocaines.

Des restitutions significatives et un signal fort

Le soutien accordé par l’État aux partis politiques s’est élevé à 140 millions de dirhams en 2023. Mais ce chiffre ne saurait à lui seul résumer la réalité nouvelle qui s’impose : les partis politiques sont désormais appelés à justifier chaque dirham perçu. De ce fait, de nombreuses formations ont entamé une démarche active de régularisation. Certaines ont restitué des montants non utilisés ou dont les justificatifs faisaient défaut, traduisant une prise de conscience salutaire.

Par ailleurs, la Cour des comptes ne s’est pas limitée à dresser un bilan. Elle a orienté les partis vers une gestion plus rigoureuse, en identifiant les faiblesses structurelles dans les processus comptables. Cette démarche pédagogique vient compléter sa fonction de contrôle, inscrivant son action dans une logique d’accompagnement à long terme.

Un changement de paradigme dans la gouvernance des partis

Le rapport de 2023 ne révèle pas uniquement des irrégularités ; il souligne également une évolution des pratiques. Certains partis, autrefois épinglés pour leur opacité, ont amorcé une réforme interne de leur gestion financière. Non seulement ils ont amélioré la traçabilité de leurs dépenses, mais ils se sont également dotés d’outils comptables conformes aux recommandations de la Cour.

Parallèlement, l’institution financière suprême a encouragé l’usage de logiciels comptables dédiés et l’élaboration de manuels de procédures pour professionnaliser la gestion des deniers publics. Une dynamique qui marque un progrès non négligeable dans la moralisation de la vie politique.

Un impact politique au-delà des chiffres

Cette exigence de rigueur ne concerne pas uniquement les aspects techniques. Elle renforce la légitimité des partis auprès de l’opinion publique. En rétablissant une forme de contrat de confiance entre les institutions et les citoyens, la Cour des comptes œuvre indirectement à la réhabilitation de l’engagement politique.

Par ailleurs, le recul des dépenses injustifiées réduit le gaspillage des ressources publiques, dans un contexte où chaque dirham doit être optimisé pour répondre aux besoins urgents du pays. Cela constitue une avancée non seulement administrative, mais également éthique.

Vers une maturité démocratique

La démarche de la Cour des comptes s’inscrit dans une logique de consolidation démocratique. En imposant des standards élevés de transparence, elle ne fait pas que contrôler : elle élève. Elle impose un modèle de gestion publique plus responsable, auquel les partis politiques doivent désormais s’adapter.

De ce fait, le Maroc franchit une nouvelle étape dans la moralisation de sa vie politique, en conférant à la rigueur financière une valeur démocratique centrale. L’efficacité de l’action publique commence, après tout, par la probité de ceux qui la portent.


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