PAM : à Tinghir, Lekjaa met le pouvoir d’achat au cœur de sa campagne
Retraite minimale de 3.000 DH, aide sociale directe de 1.000 DH, allègement de l’IR et soutien aux ménages modestes : à Tinghir, ce dimanche 13 septembre, Fouzi Lekjaa a détaillé les engagements sociaux que le PAM veut porter après les législatives du 23 septembre

La Vérité
À Tinghir, Fouzi Lekjaa a choisi un terrain qui parle directement aux ménages : le coût de la vie. Le responsable du PAM a placé le pouvoir d’achat au centre de son discours de campagne, en détaillant plusieurs mesures destinées aux retraités, aux familles modestes, aux salariés et aux jeunes.
La mesure la plus emblématique concerne les retraités. Le PAM promet de porter la pension minimale à 3.000 DH par mois. Pour Lekjaa, il s’agit de garantir aux personnes ayant travaillé pendant leur vie professionnelle un niveau de revenu permettant de vivre avec davantage de dignité.
Le chiffre est simple à retenir, mais sa mise en œuvre dépendra de plusieurs paramètres : nombre de bénéficiaires concernés, régimes de retraite visés, niveau actuel des pensions et financement de la mesure. C’est donc l’un des engagements qui devra être confronté aux chiffres budgétaires une fois le programme traduit en mesures concrètes.
Une aide sociale portée à 1.000 DH
À Tinghir, Lekjaa a également insisté sur la protection des ménages les plus vulnérables. Le programme du PAM prévoit une aide sociale directe d’au moins 1.000 DH par mois pour les ménages éligibles.
Le responsable politique a défendu une approche fondée davantage sur la situation réelle des familles que sur des indicateurs indirects. L’objectif affiché est de mieux identifier les foyers qui ont réellement besoin d’un soutien public.
Cette promesse intervient alors que l’aide sociale directe constitue déjà l’un des principaux chantiers de la politique sociale du Royaume. Le passage à un minimum de 1.000 DH représenterait donc un effort financier supplémentaire dont le coût global dépendrait du nombre de familles concernées et des critères d’éligibilité retenus.
Le salaire net au centre de la bataille fiscale
Autre levier évoqué à Tinghir : l’impôt sur le revenu. Lekjaa veut utiliser la fiscalité pour augmenter le revenu disponible des salariés et alléger leur pression fiscale.
Cette orientation figurait déjà parmi les engagements du programme du PAM. Le parti prévoit notamment une exonération d’IR pour les salaires bruts inférieurs à 15.000 DH.
Il faut toutefois éviter une confusion : un salaire brut de 15.000 DH ne signifie pas 15.000 DH nets. L’effet réel d’une réforme de l’IR dépendra du barème retenu, des déductions et de la situation de chaque salarié. C’est précisément sur ce terrain que les promesses électorales devront être transformées en simulations concrètes pour les ménages.
L’électricité pour les ménages les plus modestes
Le discours de Tinghir ne s’est pas limité aux retraites et aux salaires. Lekjaa a également évoqué la prise en charge de la facture d’électricité des ménages les plus pauvres lorsque leur consommation reste dans une limite d’environ 90 à 100 DH par mois.
Là encore, la question centrale sera celle du ciblage. Qui sera considéré comme ménage bénéficiaire ? Quel sera le plafond exact de consommation ? Et quel sera le coût annuel pour les finances publiques ?
Ces détails seront déterminants pour mesurer la portée réelle de la proposition.
Une promesse sociale qui s’inscrit dans un programme de 350 milliards de DH
Derrière ces annonces se trouve une enveloppe globale de 350 milliards de DH sur cinq ans, soit environ 70 milliards de DH par an, annoncée par le PAM pour financer son programme 2027-2031.
Lekjaa défend cette enveloppe en affirmant que les moyens financiers peuvent être mobilisés si les priorités budgétaires sont clairement définies. Quelques jours auparavant, il avait également opposé les 350 milliards proposés par le PAM aux 280 milliards de DH qu’il estime avoir été dépensés par le gouvernement sortant au titre du soutien au pouvoir d’achat, en contestant leur efficacité. Cette appréciation relève du débat politique et doit donc être considérée comme telle.
À Tinghir, le message était donc clair : le PAM veut faire du pouvoir d’achat, de la retraite, de la fiscalité et de la protection sociale les principaux marqueurs de sa campagne.
À dix jours du scrutin, la bataille ne porte plus seulement sur les montants annoncés. Elle porte désormais sur leur crédibilité, leur financement et leur capacité à produire un effet mesurable dans le quotidien des Marocains.
Le rendez-vous électoral du 23 septembre permettra aux électeurs de se prononcer sur cette offre. Mais si le PAM devait accéder aux responsabilités, les 3.000 DH de pension, les 1.000 DH d’aide sociale et l’allègement de l’IR passeront rapidement du registre de la promesse à celui de la facture publique.

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