Pakistan : La mousson dévaste le nord du pays, plus de 340 morts en 48 heures
es secours luttent contre la boue et les glissements de terrain pour retrouver les corps ensevelis
LA VÉRITÉ
Les pluies diluviennes continuent de s’abattre sur le nord du Pakistan, le bilan humain s’alourdit dramatiquement. Selon l’Autorité nationale de gestion des catastrophes, 344 personnes ont perdu la vie en 48 heures, portant à 657 le nombre total de victimes depuis le début de la mousson fin juin. Ce bilan tragique inclut près d’une centaine d’enfants, soulignant l’extrême vulnérabilité des populations face à ces phénomènes climatiques de plus en plus violents.
Une catastrophe sans précédent dans le Khyber-Pakhtunkhwa
La province montagneuse du Khyber-Pakhtunkhwa, frontalière de l’Afghanistan, a été particulièrement touchée, enregistrant 307 décès en deux jours. « Les fortes pluies, les glissements de terrain et les routes bloquées empêchent les ambulances d’accéder aux zones sinistrées », explique Bilal Ahmed Faizi, porte-parole des secours. Malgré la mobilisation de plus de 2 000 secouristes, les conditions extrêmes compliquent chaque intervention. Vendredi, un hélicoptère des secours s’est écrasé, faisant cinq morts supplémentaires.
Témoignages poignants de survivants
Au district de Buner, où 91 personnes ont péri, Muhammad Khan, 48 ans, raconte : « Ce matin, quand je me suis réveillé, la terre que notre famille cultivait depuis des générations avait disparu. On dirait que toute la montagne s’est effondrée. » Ce père de famille, qui a extrait 19 corps des décombres, poursuit : « Chaque fois que l’on découvre un corps, on ressent une profonde tristesse mais aussi un soulagement. »
Dans le district de Swat, Saifullah Khan, enseignant de 32 ans, témoigne : « Les habitants récupèrent les dépouilles et organisent des prières funéraires, mais nous ne savons toujours pas qui est mort ou vivant. J’ai retrouvé les corps de certains de mes élèves. »
Au-delà du Khyber-Pakhtunkhwa, onze personnes ont perdu la vie dans le Cachemire pakistanais, tandis que dans le Cachemire administré par l’Inde, le bilan s’élève à 60 victimes, avec 80 personnes portées disparues. Dans la région touristique du Gilgit-Baltistan, cinq personnes ont également été tuées, poussant les autorités à déconseiller les voyages dans cette zone.
Un contexte climatique alarmant
Pour Syed Muhammad Tayyab Shah, de l’Autorité nationale de gestion des catastrophes, « plus de la moitié des victimes sont mortes à cause de la mauvaise qualité des bâtiments ». Le Pakistan, cinquième pays le plus peuplé au monde avec ses 255 millions d’habitants, est l’un des plus vulnérables aux effets du changement climatique.
En juillet, le Pendjab a enregistré des précipitations 73% supérieures à celles de l’année précédente. Cette province a recensé plus de morts en un seul mois que sur la totalité de la mousson précédente, illustrant l’intensification alarmante de ces phénomènes climatiques.
La mousson estivale, vitale pour la subsistance de plus de deux milliards d’agriculteurs en Asie du Sud, devient de plus en plus imprévisible et destructrice sous l’influence du dérèglement climatique.
Alors que les secouristes poursuivent leurs efforts dans des conditions extrêmes, une question demeure : comment un pays déjà confronté à une crise économique profonde peut-il faire face à ces catastrophes récurrentes ?
Comme l’exprime un survivant : « Avant, nous attendions la mousson avec impatience. Aujourd’hui, nous la redoutons comme la fin du monde. »
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