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Ouahbi dessine les contours de l’après-élections

Lekjaa, le PAM et les équilibres de la prochaine majorité

Yassine Andaloussi


Dans une interview accordée à Hespress, Abdelatif Ouahbi revient sur les consultations politiques en cours et livre plusieurs indications sur les rapports de force au sein de la prochaine majorité. Le secrétaire général du PAM évoque notamment Fouzi Lekjaa, les relations avec le RNI, les négociations gouvernementales et ses divergences persistantes avec Abdelilah Benkirane.

Alors que les consultations politiques se poursuivent en vue de la formation du prochain gouvernement, Abdelatif Ouahbi a livré, dans un entretien publié par Hespress, plusieurs éléments permettant de comprendre les équilibres qui se dessinent au sein de la nouvelle majorité.

Membre de la direction du PAM, Ouahbi insiste d’abord sur la nature des consultations engagées. Selon lui, les discussions ne se résument pas, à ce stade, à une négociation autour des portefeuilles ministériels. Il s’agit d’abord, affirme-t-il, de confronter les visions des différentes formations politiques sur les priorités du prochain gouvernement et sur les orientations de son action.

Cette approche traduit la volonté du PAM de participer directement à la définition de la future architecture gouvernementale, au-delà de la simple répartition des responsabilités.

Concernant le RNI, Ouahbi se montre ouvert, tout en soulignant qu’aucune décision définitive n’a encore été arrêtée concernant sa participation. Les affrontements de la campagne électorale appartiendraient désormais au passé, laissant place à une nouvelle phase fondée sur les rapports de force issus du scrutin et sur les priorités gouvernementales.

Cette position laisse ouvertes plusieurs configurations politiques alors que les discussions se poursuivent.

Fouzi Lekjaa, une figure appelée à prendre davantage de poids ?

L’un des passages les plus significatifs de l’entretien concerne Fouzi Lekjaa.

Ouahbi estime que Lekjaa dispose aujourd’hui du profil nécessaire pour occuper le ministère de l’Économie et des Finances, en raison notamment de son expérience au sein de ce département.

Mais le propos va au-delà de la seule question ministérielle. Ouahbi évoque également la possibilité que Lekjaa puisse, à terme, accéder à des responsabilités politiques plus importantes, y compris à la présidence du gouvernement. Il mentionne également l’hypothèse d’une responsabilité dirigeante au sein du PAM.

Ces déclarations constituent un signal politique notable. Elles témoignent de la place que certains responsables du PAM accordent désormais à Lekjaa dans les scénarios d’évolution de la scène politique nationale.

Ouahbi oppose par ailleurs deux profils : celui de Lekjaa, présenté comme davantage orienté vers l’action et la décision, et celui de Fatima Zahra Mansouri, dont il souligne la capacité à affronter les dossiers complexes et les situations difficiles.

La question du ministère des Finances apparaît ainsi comme l’un des enjeux des discussions actuelles.

Les déclarations de Ouahbi interviennent alors que des tensions ont été rapportées autour de l’identité de la personnalité appelée à diriger ce département stratégique.

Interrogé sur les déclarations de Rachid Talbi Alami, qui défendait l’idée que le portefeuille revienne au RNI, Ouahbi rappelle que les rapports de force électoraux doivent également être pris en compte.

Le débat autour des Finances dépasse donc le seul choix d’un ministre : il renvoie à la place que chaque formation entend occuper dans la future majorité et à son influence sur les grandes orientations économiques du pays.

Benkirane, une ligne de confrontation toujours assumée

L’autre séquence marquante de l’entretien concerne Abdelilah Benkirane.

Ouahbi répond avec une formule particulièrement sévère aux propos de l’ancien chef du gouvernement, affirmant que  « les propos de Benkirane annulent les ablutions ».

Au-delà de la formule polémique, cette déclaration confirme que les relations entre Ouahbi et Benkirane demeurent placées sous le signe d’une confrontation politique assumée.

Le contraste est également notable : alors que le PAM se trouve engagé dans des discussions visant à construire une nouvelle majorité, Ouahbi conserve parallèlement un discours particulièrement dur à l’égard du PJD et de son ancien chef de gouvernement.

Une interview qui dépasse la seule question gouvernementale

À travers cet entretien, Ouahbi ne se contente donc pas de commenter les négociations en cours. Il évoque également les rapports de force internes au PAM et les profils susceptibles de jouer un rôle croissant dans la prochaine séquence politique.

La place accordée à Fouzi Lekjaa constitue à cet égard l’un des principaux enseignements de l’entretien. En évoquant simultanément le ministère des Finances, la présidence du gouvernement et la direction future du PAM, Ouahbi ouvre plusieurs perspectives sur l’évolution possible du paysage politique.

Pour l’heure, les consultations restent en cours et les différentes hypothèses évoquées ne constituent pas des décisions arrêtées. Mais les déclarations du responsable du PAM donnent un aperçu des débats qui accompagnent déjà la formation de la prochaine majorité et de la bataille d’influence autour des principaux portefeuilles gouvernementaux.


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