ONDA : 270 millions d’euros de la BAD pour 4 aéroports
Le financement de la modernisation des aéroports de Marrakech, Agadir, Tanger et Fès se précise. L’Office national des aéroports, l’ONDA, et la Banque africaine de développement, la BAD, ont signé le 29 septembre à Casablanca un accord de prêt de 270 millions d’euros. Cette enveloppe contribuera à un programme d’investissement évalué à 863,38 millions d’euros hors taxes, destiné à accompagner la croissance du trafic aérien à l’horizon 2030.

L’opération représente environ 31 % du coût prévisionnel du Programme d’extension et de modernisation des infrastructures aéroportuaires. Les 593,38 millions d’euros restants, soit près de 69 %, doivent être mobilisés par la partie marocaine à travers l’ONDA. Cette répartition donne la mesure de l’engagement financier national dans les travaux. Le concours de la BAD complète les ressources nécessaires à leur réalisation, avec une obligation de remboursement pour l’établissement emprunteur.
Le financement avait été approuvé par le Conseil d’administration de la banque en décembre 2025. La signature de septembre formalise cet engagement. Pour l’ONDA, l’enjeu consiste désormais à coordonner la mobilisation des fonds avec l’avancement des marchés et des chantiers. Le rythme des dépenses, les délais de livraison et la maîtrise des coûts détermineront les conditions de réalisation du programme.
Les investissements concernent l’extension et le réaménagement des aérogares, les aires de stationnement des avions, les voies de circulation et les équipements nécessaires au traitement des passagers. Une nouvelle tour de contrôle est également prévue à Marrakech. Le programme comprend des dispositifs de sûreté modernisés et des systèmes automatisés de traitement des bagages.
Le prêt de la BAD doit financer principalement les parkings avions, les voies de circulation, la tour de contrôle de Marrakech ainsi que plusieurs équipements de sûreté, de mobilité et de traitement des bagages. Les extensions des aérogares relèvent pour l’essentiel de la contribution marocaine. Cette articulation financière exige une progression coordonnée des travaux : les terminaux, les installations aéronautiques et les équipements doivent pouvoir fonctionner ensemble lors de leur mise en service.
La justification économique de ces dépenses repose sur la progression de la demande. En 2025, les aéroports marocains ont accueilli 36,3 millions de passagers, soit une hausse de 11 % par rapport à 2024. Le trafic international a atteint 32,4 millions de voyageurs, tandis que les liaisons domestiques ont représenté 3,9 millions de passagers. Les mouvements d’avions ont progressé de 9 %, pour approcher 265.000.
Ces volumes renforcent les besoins d’investissement. Pour accueillir davantage de vols, les plateformes doivent disposer de postes de stationnement, d’espaces d’embarquement et de capacités de contrôle adaptés. Le traitement des bagages et l’organisation des arrivées participent également à la capacité réelle d’un aéroport. Les agrandissements visent ainsi à accompagner le développement des dessertes et à préserver la qualité du service pendant les périodes de forte fréquentation.
La BAD présente, pour 2030, des objectifs de capacité d’accueil de 14 millions de passagers à Marrakech, de 5 millions à Agadir, de 3,6 millions à Tanger et de 3 millions à Fès. L’ensemble représente 25,6 millions de passagers par an pour les 4 plateformes. Il s’agit d’objectifs annoncés, dont la concrétisation dépendra de la livraison des installations et de leur exploitation.
Pour les économies locales, ces extensions peuvent faciliter l’ouverture de nouvelles lignes et l’augmentation des fréquences. Marrakech et Agadir disposent d’une importante activité touristique. Tanger associe tourisme, industrie et déplacements d’affaires. Fès bénéficie d’une attractivité culturelle et de besoins de mobilité régionale. Dans ces territoires, une meilleure desserte aérienne peut soutenir l’activité des hôtels, des restaurants, des agences de voyages et des entreprises de transport.
La rentabilité des investissements dépendra toutefois du trafic effectivement accueilli et des recettes générées. Pour l’ONDA, l’augmentation de l’activité peut accroître les revenus liés aux services aéroportuaires ainsi qu’aux commerces, aux concessions et aux parkings. Elle entraîne aussi des dépenses supplémentaires de personnel, d’énergie, d’entretien et de maintenance. L’équilibre économique du programme se construira dans la durée, à travers l’utilisation des nouvelles installations et la maîtrise de leurs charges.
Les résultats de 2025 donnent un point de référence. L’ONDA a réalisé un chiffre d’affaires d’environ 5,8 milliards de dirhams, en progression de 9 %, et un résultat net proche de 1,3 milliard de dirhams, en hausse de 16 %. Ces performances témoignent de la croissance de son activité. Le financement des extensions mobilisera néanmoins plusieurs ressources, dont les revenus de l’établissement et l’emprunt, tout en engageant des dépenses d’exploitation futures.
La Coupe du monde 2030 fixe une échéance majeure pour la réalisation des travaux. Leur utilité économique s’étendra aux années suivantes, avec les déplacements touristiques, professionnels et familiaux. La continuité des dessertes et l’activité régulière des compagnies seront donc déterminantes pour valoriser les capacités supplémentaires.
Pour les 4 aéroports concernés, le passage du financement aux installations opérationnelles constitue la prochaine étape. Les livraisons devront être suivies des essais techniques, de la préparation des équipes et de la mise en service des équipements. Les effets économiques attendus prendront alors une forme concrète : davantage de vols accueillis, des voyageurs traités dans de meilleures conditions et une accessibilité renforcée pour les entreprises et les destinations touristiques.

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