ONCF : 400 MDH pour renforcer l’ossature du rail marocain
LA VÉRITÉ
L’Office national des chemins de fer engage un nouveau jalon de son plan de modernisation en mettant sur la table près de 400 millions de dirhams pour l’acquisition de rails neufs. L’opération, qui s’inscrit dans une dynamique d’investissements lourds, dépasse le simple renouvellement technique. Elle vient conforter une vision globale où le rail s’affirme comme levier de mobilité durable, de désenclavement régional et de compétitivité économique.
Les rails commandés, de profil 60E1 et d’une longueur de 36 mètres, seront affectés à plusieurs projets stratégiques. Parmi eux, l’extension vers le port Nador West Med, le doublement de la voie entre Dalia et Moghocha, la desserte de Bni Nsar et Selouan, ou encore la première phase du RER de Tanger. S’y ajoutent des renforcements de capacité sur l’axe Sidi Ichou–Fès et la création de nouvelles gares à Mzinda et Safi, en appui au secteur industriel. Chaque lot de rails représente ainsi une pièce maîtresse dans l’avancée des chantiers qui redéfinissent la carte ferroviaire du Royaume.
L’investissement répond à une double exigence : assurer la continuité des projets déjà engagés et préparer l’arrivée d’un matériel roulant de nouvelle génération. L’ONCF a déjà enclenché le processus d’acquisition de 168 trains modernes, dont 18 rames à grande vitesse, appelés à renforcer la desserte interurbaine et régionale. Cette convergence entre infrastructure et matériel confirme une approche intégrée où la qualité de la voie est pensée comme le socle de la performance globale du système.
Ce marché témoigne aussi de l’attention portée à la sécurité et à la durabilité. Les rails répondent à des normes européennes strictes en matière de résistance, de rectitude et de fiabilité. Leur pose permettra de réduire la maintenance à long terme, de garantir des vitesses élevées et d’améliorer le confort des voyageurs. L’enjeu est clair : donner au rail marocain la robustesse nécessaire pour absorber la hausse de trafic attendue dans les années à venir, tout en maintenant une qualité de service à la hauteur des standards internationaux.
Au-delà de la technique, cette commande s’inscrit dans une vision politique et économique affirmée. Le rail, déjà consacré par la grande vitesse Casablanca–Tanger comme vitrine d’excellence, poursuit son expansion vers Marrakech, puis plus au sud. Les corridors ferroviaires se doublent désormais d’une mission stratégique : accompagner la croissance des ports, fluidifier la logistique nationale et renforcer la cohésion territoriale. Dans ce puzzle, les 400 MDH investis par l’ONCF ne sont pas une dépense isolée mais l’illustration tangible d’une stratégie de long terme qui fait du rail un pilier de la transformation nationale.
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