Office des changes : l’automobile et le tourisme sauvent un début d’année contrasté
Le déficit commercial marocain se creuse à 25,5 milliards de dirhams face au repli global des exportations. L'automobile et le tourisme s'imposent comme les nouveaux piliers de croissance avec des hausses records de 19 % en janvier. Le plongeon de 43 % des ventes de phosphates pèse lourdement sur la balance des échanges extérieurs du Royaume.
LA VÉRITÉ
L’économie marocaine affiche des résultats divergents en ce début d’année 2026 selon l’Office des changes. Si le déficit commercial se creuse, les secteurs de l’automobile et du tourisme signent des performances records. L’Office des changes dévoile, le 28 février, son dernier bulletin sur les indicateurs mensuels des échanges extérieurs. Les données révèlent une hausse du déficit commercial de 5,1 %, atteignant près de 25,52 milliards de dirhams (MMDH) pour le mois de janvier. Malgré ce déséquilibre, les locomotives industrielles et touristiques maintiennent une cadence soutenue pour soutenir la croissance nationale.
Moteurs industriels en surchauffe
L’automobile roule à pleine vitesse et s’impose comme le joyau de la couronne industrielle marocaine. Le secteur a vu ses exportations grimper de 19,1 % en janvier, générant ainsi plus de 12,24 MMDH. Cette performance exceptionnelle agit comme un véritable turbo pour l’économie nationale. Plus précisément, le segment de la « Construction » réalise un bond spectaculaire de 60,6 %, tandis que le « Câblage » progresse de 9,6 %.
Parallèlement, l’aéronautique décolle avec une vigueur renouvelée. Les ventes à l’étranger de ce secteur ont progressé de 8,7 % pour atteindre 2,43 MMDH. L’« Assemblage » porte cette croissance avec une hausse de 17,2 %, même si le segment EWIS subit un léger trou d’air de 5,9 %. Toutefois, ces succès contrastent violemment avec la chute vertigineuse des phosphates. Les expéditions de ce pilier historique ont fondu de 43,4 %, se limitant à 3,15 MMDH.
Tourisme : record de recettes
Le secteur du voyage ne connaît pas de trêve hivernale et brille de mille feux. Les recettes touristiques ont atteint le sommet de 11,7 MMDH en janvier, marquant une amélioration de 19,3 % sur un an. Ce secteur irrigue les finances publiques et renforce la stabilité économique. Par ailleurs, le solde de la balance Voyages reste largement positif à 8,92 MMDH, en hausse de 25,7 % par rapport à l’année précédente.
En revanche, d’autres sources de devises marquent le pas. Les transferts des Marocains résidant à l’étranger (MRE) subissent un léger repli de 0,8 %, totalisant 9,38 MMDH. De leur côté, les investissements directs étrangers (IDE) progressent timidement de 0,7 % pour atteindre 3,54 MMDH. Néanmoins, l’excédent de la balance des services croît de 15,4 %, porté par une augmentation globale des exportations de services.
Déficit commercial en hausse
Le navire du commerce extérieur tangue légèrement sous le poids d’un déficit accru. Les exportations totales ont enregistré un repli de 2,7 % pour s’établir à 34,5 MMDH. En revanche, les importations font preuve d’une quasi-stabilité avec une légère hausse de 0,4 %, atteignant 60,02 MMDH. Ce déséquilibre réduit le taux de couverture de 1,9 point, lequel descend à 57,5 %.
L’évolution des achats à l’étranger montre des tendances opposées. Les importations de produits bruts explosent de 38,4 %, tandis que les produits finis de consommation et d’équipement progressent également. Cependant, la facture énergétique offre un répit salutaire à l’État avec une baisse de 19,5 % des achats d’énergie et lubrifiants. Enfin, les exportations agricoles et textiles subissent une érosion notable, perdant respectivement 9,5 % et 5,9 % de leur valeur.
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