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Nouzha Lityeme: Une histoire de dépassement

Abdelhak Najib


Quand la plasticienne Nouzha Lityeme a exposé ses œuvres à Tanger, il y a de cela quelques années, nous avons tous découvert l’immense talent d’une femme discrète, qui ne fait pas de vagues. Elle nous avait offert un regard juste et humain sur la vie et le vécu. Le regard est d’une immense sincérité. C’est ce qui caractérise cette œuvre très proche du cœur, dans un élan à la fois de catharsis intime et profonde introspection.

Nouzha Lityeme raconte des vies, des périodes, des instants uniques durs le cadran des jours. Ces moments de face à face avec soi qui nous intiment de nous voir dans filtre, sans lifting de façade, sans subterfuges. L’artiste peint la douleur, l’interrogation du caché, la quête de ce qui fuit, le désir de capter cette essence si personnelle qui sert d’étincelle vivace pour garder le cœur en ébullition. «Mon inspiration, provient des multitudes végétations, qui ont marqué mon enfance dans la ville de Fès, où je suis née en 1961 et des graphismes sur les Zellij de cette ville ancestrale.

En effet, mon travail pictural, s’articule principalement, autour de labyrinthes, enchevêtrements et racines, régit par des thématiques et recherches. Etant autodidacte, mes coups de pinceaux et gestuelle désobéissent aux règles de l’art académique. Ce qui me procure une liberté de mouvements et de créations. Pour ma part, l’art est l’expression de l’intérieur et des émotions du moment qui arrivent au spectateur pour devenir lui-même acteur et en faire sa propre lecture. »

Nouzha Lityeme prend le risque de descendre aux abysses pour tirer cette lumière qui éclaire l’inconnu. Peintre du ressenti, peintre du non-dit, peintre de la volonté de transcender le vécu pour en extraire toute la beauté, Nouzha Lityeme avance par traits, par lignes enchevêtrées, par courbes sinueuses dans le but de trouver un chemin de traverse, une brèche, une ouverture qui élève l’humain dans des sphères ou seul le cœur sert de lanterne. C’est une peinture de lumière dans un monde noir.

Une peinture de l’espérance dans un vide sidéral qui plane et que seule la beauté peut remplir d’amour et de désir. « Tout est amour, et même si dans mes travaux, je laisse s’entre-filer tant de lignes, c’est pour dire toute la profondeur de ce sentiment qui est l’essence de notre existence. Je peins des formes enchevêtrées pour rendre compte aussi de la complexité du monde où l’on vit aujourd’hui. Car je pense que l’artiste doit aussi être lucide et ne pas perdre de vue toutes les mutations que traverse l’humanité ». En effet, chez le peintre, il ya cet assemblage très complexe de lignes sinueuses et courbées qui donne un rendu final comme des labyrinthes. Et chaque labyrinthe doit être parcouru avec vigilance pour trouver une issue vers la lumière. Car, c’est de cela qu’il s’agit chez Nouzha Lityeme, une quête acharnée pour trouver la lumière.


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