Nomination de Mme Assia Bensalah Alaoui au Conseil de l’ONG «Leaders pour la paix»
Mme Assia Bensalah Alaoui, ambassadeur itinérant de SM le Roi, a considéré, mardi 15 mai à Paris, que sa nomination au Conseil de l’ONG «Leaders pour la paix», créée récemment à l’initiative de l’ancien Premier ministre français, Jean-Pierre Raffarin, constitue en fait «un hommage à la politique que le Maroc mène sous la conduite de SM le Roi qui est très attaché à la problématique de la paix et du dialogue ».
Tout en se déclarant honorée de cette nomination, l’ambassadeur a, dans un entretien à la MAP à l’occasion de la tenue de la première Conférence de l’Organisation, souligné que la recherche des moyens d’asseoir la paix et de promouvoir le dialogue constitue «une constante» de la politique du Royaume.
«La tâche est bien évidemment rude», a-t-elle observé en évoquant les développements survenus au Moyen-Orient lesquels ont été marqués lundi encore par la mort sous les balles israéliennes de dizaines de Palestiniens «que nous déplorons» et «les conflits ouverts partout dans le monde».
Explicitant les objectifs de l’ONG «Leaders pour la paix», Mme Assia Bensalah Alaoui, qui a été nommée au Conseil de l’Organisation aux côtés de 24 autres personnalités, toutes également dotées d’une grande expérience en matière des relations internationales et d’une connaissance profonde des opinions publiques, a précisé que celle-ci entend œuvrer pour «sensibiliser par rapport à la paix en essayant, notamment, de prévenir et de désamorcer les crises en gestation».
La diplomate a évoqué, dans ce cadre, le choix «judicieux» porté, lors de cette conférence, sur trois crises : la situation à la frontière tuniso-libyenne, celle prévalant à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique et la crise climatique en Asie. L’ambassadeur a développé ainsi sa vision au sujet de la première crise en évoquant sa propre contribution à l’enrichissement des débats à travers des propositions traduisant notamment le souci de préserver les différents équilibres et de tenir compte des multiples dimensions à prendre en considération et de leur imbrication.
Mme Assia Bensalah Alaoui a également insisté sur l’intérêt particulier accordé, au cours des débats associant ce mardi des jeunes étudiants en sciences politiques, à la femme, à la jeunesse ainsi qu’au phénomène migratoire, livrant son appréciation de l’évolution qui se projette à divers niveaux.
S’agissant en particulier de la question de la migration, la diplomate a indiqué avoir exposé, lors de ces débats, le «nouveau paradigme» adopté par le Maroc qui, a-t-elle observé, de pays de transit, est devenu un pays d’accueil.
Elle a rappelé, à cet égard, la loi «fondée sur les principes de solidarité» adoptée par le Maroc, en mettant l’accent sur l’action menée par le Royaume pour pouvoir offrir aux immigrés, notamment subsahariens, les conditions d’une vie décente et leur permettant d’avoir les mêmes opportunités que les Marocains qu’il s’agisse du logement, de la sécurité sociale, de l’éducation que des possibilités d’emploi.
Mme Assia Bensalah Alaoui a abordé également la question des changements climatiques et les problématiques qu’ils posent particulièrement au niveau du financement et de l’adaptation des infrastructures, notamment en Asie du sud-est, aux conséquences induites par ces changements.
Concernant la situation prévalant à la frontière entre les EtatsUnis et le Mexique, l’ambassadeur a indiqué qu’une réflexion a été engagée au sein du Conseil sur les moyens d’«aider le Mexique à sortir de la criminalité et de la violence, un fléau qui se propage de par le monde».
Ce fléau «est si puissant qu’il fait échec même aux Etats les plus organisés», a observé la diplomate. L’ONG «Leaders pour la paix»(LPP) avait vu le jour, début avril, à Paris.
Exposant alors les objectifs que s’assigne cette ONG, son initiateur, M. Jean-Pierre Raffarin avait indiqué qu’il s’agira en l’occurrence pour elle d’alerter l’opinion publique internationale sur les risques de crises émergentes, de promouvoir des stratégies d’influence innovantes auprès des dirigeants du monde, de reconstruire une pensée de la paix et d’inventer un dialogue dans l’adversité.
Il s’agira également de promouvoir «l’esprit de paix», une notion qui a tendance à se banaliser, par des missions de pédagogie et d’influence, avaitil souligné.
Outre Mme Assia Bensalah Alaoui, le Conseil de l’ONG «Leaders pour la paix» est composé de 24 autres personnalités dont d’anciens Premiers ministres (l’Italien Enrico Letta, le Hongrois Peter Medgyessy, le Burkinabé Tertius Zongo..), l’exsecrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, l’ancienne DG de l’Unesco, Irina Bokova, l’ancienne directrice de la Banque Mondiale, Ngozi Onkojo-Iweala, et l’ex-secrétaire d’Etat adjoint de l’ancien président américain Barack Obama, Antony Blinken.
Cinq anciens ministres des Affaires étrangères comme le Suédois Carl Bildt et l’Egyptien Amr Moussa siègent également au Conseil, de même que d’anciens ambassadeurs de premier plan à Paris, le Russe Alexandre Orlov et le Chinois Kong Quan.
Le métissage de ces personnalités, leur connectivité avec les dirigeants de leurs régions et du monde et leur indépendance, leur permettront de sonder les marges de manœuvres, de tenir un dialogue argumenté et de fournir des solutions dans la célérité, la souplesse et la flexibilité, avait assuré M. Raffarin.
«Nous n’avons pas la prétention de résoudre les conflits, nous n’avons pas l’arrogance de penser que notre expérience est supérieure, nous cherchons simplement, ensemble, des chemins nouveaux pour la paix», avait tenu à préciser l’ancien Premier ministre français en soulignant notamment la vocation de l’ONG à travailler sur des crises où il y a un déficit de préoccupation politique et d’œuvrer pour développer une «école de paix».
Dans une déclaration à la MAP, M. Raffarin avait mis l’accent sur l’urgence de développer la culture de la paix aux dépens de celle de la guerre «qui est en train de s’installer».
«On s’aperçoit aujourd’hui que partout il y a un certain nombre de menaces : le terrorisme, le retour des puissances qui ont parfois des ambitions belliqueuses, l’immigration, le changement climatique», avaitil regretté.
«Puisqu’il y a des écoles de guerre, faisons des écoles de paix, puisqu’il y a des penseurs de la guerre, faisons des penseurs de la paix», avait-il lancé en estimant que cette œuvre doit être menée «à partir de crises concrètes puisqu’il ne s’agit pas de faire de la simple théorie».
«Il y a un certain nombre de crises qu’il faut étudier et expliquer à l’opinion publique, qu’il faut essayer de résoudre par des innovations diplomatiques en valorisant le dialogue», avait-il expliqué.
«C’est dans notre intérêt commun de faire en sorte que les deux rives de la Méditerranée recherchent une paix qui soit profitable pour les uns et pour les autres», avait-il notamment souligné en mettant l’accent sur le dialogue et l’entraide.
M. Raffarin s’était, par ailleurs, réjoui de compter Mme Assia Bensalah Alaoui parmi les membres du Conseil de l’ONG «Leaders pour la paix», une «personnalité reconnue» qui «dispose de capacités importantes d’influence» et qui a «une grande expérience internationale».
«Nous voulons des gens qui soient enracinés chez eux, capables de bien sentir la sensibilité de leur pays mais aussi de leur région et qui aient une expérience internationale des négociations et des difficultés que l’on a à affronter, avait-il précisé.
Lors de la première conférence de l’ONG «Leaders pour la paix» organiséee, lundi et mardi, à Paris, les 25 membres de son Conseil ont tenu des réunions au ministère français des Affaires étrangères et au Sénat.
Cette conférence a été aussi l’occasion de la présentation du rapport général 2018 de l’Organisation préparé par l’ancien ambassadeur de France aux Etats-Unis, Pierre Vimont, à partir d’une réflexion collective sur les trois crises à l’ordre du jour.
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