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Nappe du Saïss : 150 millions d’euros pour stopper l’épuisement hydrique

Un financement stratégique visant à basculer vers l'irrigation de surface et à sécuriser l'avenir agricole de plus de 7 000 exploitations face au changement climatique

LA VÉRITÉ


La stratégie nationale de l’eau franchit un nouveau cap décisif. Ce vendredi à Rabat, le gouvernement marocain a officialisé un accord de financement majeur avec la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD). Portant sur une enveloppe de 150 millions d’euros, complétée par des dons substantiels de 11,5 millions d’euros mobilisés notamment via le mécanisme britannique HIPCA UK, ce partenariat vise à déployer la phase finale du projet « Conservation des eaux de la plaine de Saïss, SAISS III ». Paraphé par Fouzi Lekjaâ, ministre délégué chargé du Budget, et Greg Guyett, premier vice-président de la BERD, cet accord marque une étape cruciale pour la pérennité agricole de la région de Fès-Meknès.

Une Transition Vitale vers les Eaux de Surface

Au cœur de ce dispositif se trouve une urgence écologique : la préservation de la nappe phréatique du Saïss, aujourd’hui menacée par des années de surexploitation. Le projet ambitionne d’opérer une substitution historique en remplaçant les prélèvements souterrains intensifs par des ressources de surface, acheminées depuis le barrage de M’DEZ. Cette transition infrastructurelle figure parmi les priorités absolues du Royaume, engagé dans une course contre la montre pour adapter son agriculture au stress hydrique structurel et aux aléas du changement climatique.

L’impact socio-économique attendu est considérable. Le projet SAISS III sécurisera l’irrigation de quelque 20 000 hectares, profitant directement à plus de 7 300 exploitations agricoles. En garantissant un apport annuel de 90 à 120 millions de mètres cubes d’eau de surface, l’infrastructure permettra non seulement de laisser la nappe se régénérer, mais aussi de stabiliser les revenus ruraux. Au-delà de l’eau, le programme vise à dynamiser le tissu local par le développement de coopératives et l’installation de jeunes agriculteurs. Un volet d’accompagnement technique spécifique est également prévu pour soutenir les femmes et les petits exploitants dans l’adoption de pratiques agricoles résilientes et durables.

Un Partenariat Financier Durable

Lors de la signature, Fouzi Lekjaâ a tenu à saluer la qualité de la relation liant le Maroc à la BERD, qualifiant cette coopération de levier essentiel pour la transformation structurelle du secteur de l’eau. De son côté, Greg Guyett a insisté sur la dimension humaine du projet, affirmant qu’il protégera une ressource vitale tout en renforçant les moyens de subsistance dans une zone vulnérable. Zakaria El Yacoubi, directeur de l’Irrigation, a quant à lui précisé que cette initiative transformera durablement le paysage agricole de la plaine, trop souvent victime de déficits hydriques ces dernières années.

Avec plus de 5,6 milliards d’euros investis dans 120 projets depuis ses débuts au Royaume, la BERD confirme par cet accord son statut de partenaire clé du développement inclusif marocain, ancrant définitivement le pays dans sa transition verte.


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