Souveraineté et résilience : le plan d’action face à l’instabilité
LA VÉRITÉ
Invitée sur le plateau de BFM TV pour analyser les répercussions de l’escalade militaire au Moyen-Orient, la ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah, a délivré un message de stabilité et de préparation stratégique. Alors que les tensions géopolitiques entre les États-Unis, Israël et l’Iran provoquent une onde de choc sur les places financières mondiales, la ministre a confirmé que le Royaume dispose d’un plan d’action rigoureux pour amortir les chocs exogènes. Cette intervention survient alors que la Bourse de Casablanca subit une volatilité accrue, le MASI ayant récemment reculé sous le seuil des 16 400 points, illustrant la nervosité des investisseurs face à l’incertitude régionale.

L’une des variables les plus sensibles pour les équilibres macroéconomiques nationaux demeure la facture énergétique. Nadia Fettah a reconnu que le Royaume, fortement dépendant de ses importations d’hydrocarbures, surveille de près l’écart entre le cours actuel du baril, qui avoisine les 85 dollars, et le prix de 65 dollars initialement budgétisé dans la loi de finances. Toutefois, elle a souligné que cet écart, bien que constituant un défi réel, reste parfaitement maîtrisable grâce à des fondamentaux solides. Le Maroc s’appuie sur des réserves de change confortables et sur une transition énergétique accélérée qui réduit progressivement la dépendance aux énergies fossiles. L’expérience acquise lors des récents chocs inflationnistes mondiaux a permis de tester et de valider des mécanismes de protection ciblés pour les populations vulnérables tout en préservant l’investissement productif.
Au-delà de la gestion de crise immédiate, la ministre a insisté sur l’actif immatériel majeur du pays : sa stabilité politique et institutionnelle. Dans un monde marqué par l’imprévisibilité, cette stabilité devient un avantage compétitif décisif pour attirer les capitaux étrangers. Selon Nadia Fettah, le Maroc ne se contente pas d’être un refuge sécurisé, mais s’affirme comme une base d’investissement stratégique et fiable. Cette attractivité ne semble pas entamée par les tensions géopolitiques, les investisseurs internationaux privilégiant la vision de long terme et la cohérence des politiques publiques marocaines. La stratégie nationale ne se limite plus à l’accueil d’investissements, mais vise désormais une intégration industrielle profonde capable de générer une valeur ajoutée locale significative.
Les récents engagements de grands groupes internationaux, comme le français Safran, illustrent cette maturité industrielle. L’ouverture prochaine d’une chaîne d’assemblage de moteurs pour Airbus et d’une unité de fabrication de trains d’atterrissage, représentant un investissement de 500 millions d’euros, confirme le statut du Maroc comme hub aéronautique de premier plan. Avec des taux d’intégration dépassant désormais les 60 % dans l’automobile et les 42 % dans l’aéronautique, le pays consolide sa souveraineté économique. En conclusion, la ministre a rappelé que la crédibilité diplomatique du Royaume, qui entretient des partenariats diversifiés avec l’Europe, les États-Unis, le Golfe et la Chine, constitue l’ultime rempart contre l’isolement économique et un levier de résilience face aux turbulences géopolitiques globales.
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