Moussem d’Assilah: Le décollage développemental du Grand Sahara

LA VÉRITÉ
Un parterre d’experts nationaux et internationaux, réunis vendredi soir à Assilah, ont discuté des principaux mécanismes permettant au Grand Sahara de passer d’une situation de “zone tampon” vers un réel décollage développemental.
Intervenant lors du 1er panel organisé dans le cadre de la session d’automne de la 44è édition du Moussem culturel international d’Assilah, sous le thème « Le grand Sahara: la crise de l’Etat et de la société, et l’avenir des entités politiques », les experts ont débattu de la situation globale de cette région, ainsi que les moyens d’élargir les perspectives pour établir des synergies entre ses pays et atteindre une réelle dynamique économique, sociale et culturelle.
Dans son allocution, le Haut représentant pour l’Alliance des civilisations des Nations Unies (UNAOC), Miguel Angel Moratinos, a mis en avant la singularité du Moussem d’Assilah qui réussit, chaque année, à accueillir une élite d’intellectuels, de politiciens et de chercheurs venus des quatre coins du monde.
Il a affirmé que ce forum contribuera à faire ressortir des énoncés d’actions devant être prises, en vue de promouvoir la croissance économique en Afrique, dans un environnement de paix et de prospérité, soulignant que le Grand Sahara est un sujet capital qui met en exergue la relation entre l’Europe et l’Afrique et constitue une occasion propice pour générer de nouvelles idées capables de déboucher sur la voie de la prospérité.
Le Haut représentant pour l’UNAOC, a, également, mis en avant l’importance pour les pays du Grand Sahara de jeter les bases d’un partenariat fiable inter-étatique.
Pour sa part, le professeur des relations internationales à l’université Mohammed V, Zakaria Abouddahab, a rappelé que le Grand Sahara, qui relie les trois grandes zones de tension en Afrique (au nord, à l’ouest et à l’est), est, en termes de sécurité et de stratégie, lié à l’Afrique subsaharienne, à l’Europe Occidentale et Méridionale, à la Péninsule Arabique et à la région du Golfe Arabique.
Cette région riche en ressources naturelles et humaines est aujourd’hui au cœur de l’actualité, avec des vagues de changement qui ont porté dans leurs sillages des ondes de choc sécuritaires, géographiques et territoriales, a-t-il expliqué.
M. Abouddahab a, dans ce sens, pointé la recrudescence des mouvements radicaux violents dans certains pays du Grand Sahara, donnant lieu à des ingérences étrangères ou militaires.
De son côté, l’analyste politique et consultante en paix et sécurité, Fatty Al Ansar, a mis l’accent sur le rôle de la jeunesse dans le changement en Afrique, évoquant à ce titre la crise de son pays, le Mali.
Elle a, dans ce cadre, passé en revue les différentes étapes de la crise politique malienne, déclenchée à la suite de la crise libyenne, qui a eu un effet déstabilisateur sur la sécurité au Sahel.
Ce 1er panel qui a vu la participation d’experts internationaux venus notamment du Maroc, d’Espagne, du Mali, du Tchad et du Niger, s’est penché sur les crises des États du Grand Sahara, les défis à relever en terme de paix, de développement économique et d’implication de la jeunesse africaine, outre des exigences de sécurité régionale.
Cette édition, qui se tient du 6 au 26 octobre, sous le Haut Patronage de SM le Roi Mohammed VI, à l’initiative de la Fondation du Forum d’Assilah, en partenariat avec le ministère de la Jeunesse, de la culture et de la communication (département de la Culture) et la commune d’Assilah, sera marquée par l’organisation de plusieurs colloques, dans le cadre de la 37è édition de l’Université ouverte Al-Mu’tamid Ibn Abbad, et d’activités artistiques et culturelles.

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