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Mostafa Terrab décoré à Marseille : Un doctorat honoris causa pour saluer un parcours d’exception

LA VÉRITÉ


Dans l’écrin solennel du Palais du Pharo surplombant la Méditerranée, l’Université d’Aix-Marseille a remis, le 11 juillet 2025, à Mostafa Terrab, président-directeur général du groupe OCP, les insignes de docteur honoris causa. Loin d’un simple hommage protocolaire, cette distinction universitaire célèbre la trajectoire exceptionnelle d’un homme dont le parcours incarne à lui seul la mutation silencieuse mais décisive du Maroc contemporain. À travers le président-directeur général du groupe OCP, c’est un esprit, une méthode et une vision du développement qui ont été consacrés par l’une des plus anciennes et plus prestigieuses institutions académiques françaises.

« Sous sa direction, l’OCP est passé en moins de vingt ans d’un opérateur minier national à un géant mondial des phosphates. »

Car Mostafa Terrab n’est pas un capitaine d’industrie comme les autres. Formé aux Ponts et Chaussées, puis au Massachusetts Institute of Technology, il aurait pu se contenter d’une brillante carrière technocratique. Il a préféré ouvrir un chantier plus vaste : celui d’un nouveau modèle industriel africain, fondé sur la science, l’éducation, l’innovation et la souveraineté. Sous sa direction, l’OCP est passé en moins de vingt ans d’un opérateur minier national à un géant mondial des phosphates, tout en construisant un écosystème intellectuel et territorial inédit. Ce modèle ne repose ni sur l’extraction brute ni sur la logique de rente, mais sur l’intelligence des matières, la valorisation des talents locaux et l’anticipation des mutations agricoles mondiales.

À cet égard, la création de l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) à Benguerir n’a rien d’un projet vitrine. Elle est l’un des pivots les plus emblématiques de cette vision : une université ancrée dans son territoire, mais pensée pour l’Afrique et ouverte sur le monde, dotée d’infrastructures de recherche de pointe, nourrie par l’exigence scientifique et tournée vers les solutions concrètes aux grands défis du continent. Dans son discours d’investiture, la présidente d’Aix-Marseille Université, Éric Berton, ne s’y est pas trompé : en saluant Mostafa Terrab, c’est aussi « un modèle de développement durable, intelligent et coopératif » qu’il a mis en lumière, soulignant combien l’expérience marocaine mérite aujourd’hui d’être partagée au-delà de ses frontières naturelles.

« En saluant Mostafa Terrab, c’est aussi « un modèle de développement durable, intelligent et coopératif » qu’il a mis en lumière. »

Car derrière le profil sobre et mesuré de Terrab, c’est toute une stratégie de diplomatie économique et scientifique qui s’est affirmée. En multipliant les partenariats Sud-Sud, en investissant dans des projets agricoles en Afrique subsaharienne, en développant une logique d’industrialisation partagée avec des pays d’Amérique latine ou d’Asie, l’OCP a changé de paradigme : il n’exporte plus seulement un minerai, il diffuse un savoir-faire, une approche intégrée, un engagement. Ce changement de cap, souvent sous-estimé, traduit une transformation géopolitique plus large, dans laquelle le Maroc prend sa place non comme bénéficiaire, mais comme bâtisseur d’alternatives.

L’Université d’Aix-Marseille, en s’associant à ce récit, envoie également un signal à l’Europe : celui de reconnaître la valeur de ces nouveaux leaders du Sud, porteurs de projets et d’institutions crédibles, capables de dialoguer d’égal à égal sur les grands enjeux du climat, de la sécurité alimentaire, de la recherche scientifique. La cérémonie s’est ainsi transformée en un acte symbolique fort, à la croisée de l’académique, de l’économique et du politique, où Marseille, carrefour des mondes méditerranéens, résonne comme un pont naturel entre les trajectoires du Maghreb et celles du continent européen.

« Ce doctorat honoris causa n’est donc ni un aboutissement, ni une récompense isolée. »

Ce doctorat honoris causa n’est donc ni un aboutissement, ni une récompense isolée. Il s’inscrit dans une dynamique plus vaste, celle d’un Maroc qui trace son propre chemin, fidèle à ses racines mais résolument moderne, porté par des femmes et des hommes de science, d’action et de vision. En distinguant Mostafa Terrab, la France rend hommage à l’un de ces esprits d’envergure qui transforment un pays sans tapage, mais avec une constance stratégique remarquable. Une reconnaissance méritée, et peut-être un début d’inspiration pour d’autres.


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