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Mohammed Hichami relance le débat sur l’exportation des sangliers

Par Yassine Andaloussi


Le député Mohammed Hichami, membre du groupe Haraki à la Chambre des représentants, a remis au premier plan un sujet rarement discuté mais pourtant essentiel pour de nombreuses régions rurales du Maroc. Il s’agit de la possibilité de structurer une filière d’exportation des sangliers. Lors d’une séance parlementaire dédiée au patrimoine cynégétique, il a expliqué que la prolifération importante de cette espèce impose au Royaume une réflexion nationale dépassant les méthodes traditionnelles de régulation.

Pour lui, envisager l’exportation n’est pas une idée improvisée. Les territoires forestiers marocains connaissent une croissance marquée des populations de sangliers, ce qui entraîne des nuisances agricoles et des déséquilibres écologiques. La capture contrôlée et un export limité mais correctement encadré pourraient offrir un outil supplémentaire au service des territoires ruraux. Cependant, Hichami reconnaît que l’idée ne peut être crédible que si la démarche présente un intérêt concret pour le pays. La question de la rentabilité demeure donc centrale.

L’élu Haraki souligne que la rentabilité dépend de plusieurs conditions. La première concerne les volumes réellement exportables. Le Maroc ne peut pas réduire massivement les populations de sangliers sans affaiblir les écosystèmes, ce qui signifie que la filière ne pourrait fonctionner qu’avec des flux modestes et bien régulés. La seconde tient aux coûts de capture, de transport, de traitement sanitaire et de certification, des opérations qui exigent des moyens importants et qui pourraient réduire fortement la marge financière. La troisième touche aux marchés internationaux. Le gibier s’exporte bien dans certains pays européens, asiatiques ou du Golfe, mais ces marchés restent des niches et ne permettent pas d’écouler des volumes importants.

Hichami précise cependant que la rentabilité doit être pensée d’une manière plus large. La prolifération du sanglier engendre chaque année des pertes considérables pour les agriculteurs. Les dégâts aux cultures et les incidents dans les zones rurales représentent un coût réel pour l’économie locale. Une gestion plus rigoureuse, incluant éventuellement une part d’exportation, permettrait de réduire ces pertes et d’alléger le fardeau qui pèse sur les exploitants. Cette économie indirecte constitue un facteur important et souvent négligé.

Le député met aussi en avant le potentiel de développement du tourisme cynégétique. Avec un meilleur encadrement, davantage de sécurité dans les excursions et un contrôle strict des armes à feu, le Maroc pourrait attirer plus de chasseurs étrangers. Les revenus issus de ce tourisme spécialisé pourraient surpasser ceux générés par l’exportation elle-même. Une filière mieux organisée créerait également des emplois, structurerait les zones rurales et réduirait les risques routiers ou forestiers liés à la surpopulation des sangliers.

Hichami insiste néanmoins sur la nécessité d’une approche raisonnable. Il n’est pas question de créer une industrie lourde ou d’envisager des exportations massives. Le modèle qui doit être défendu repose sur une démarche maîtrisée, limitée, conforme aux normes internationales et adaptée aux capacités locales. La réussite exige une coordination efficace entre les Eaux et Forêts, les services vétérinaires, les collectivités territoriales et les associations de chasse.

Pour le député Haraki, l’exportation des sangliers n’est donc pas une solution en soi. Elle représente plutôt un outil complémentaire qui peut apporter une valeur économique modérée, réduire les nuisances agricoles et renforcer la gestion du patrimoine faunique. La réflexion qu’il propose s’inscrit dans un mouvement plus large visant à moderniser le secteur cynégétique marocain. Cette modernisation doit s’appuyer sur un modèle durable, réaliste et capable de répondre aux besoins des territoires et des populations qui y vivent.


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