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Mohamed Boudrika condamné à cinq ans de prison

Un verdict marquant la fin d’un long parcours judiciaire entre fraude et politique

LA VÉRITÉ


Le Tribunal correctionnel d’Aïn Sebaâ à Casablanca a condamné mardi Mohamed Boudrika, ancien président du prestigieux club de football Raja Casablanca, à cinq ans de prison ferme et une amende de 600 000 dirhams (environ 56 000 euros) pour des chefs d’accusation incluant « faux et usage de faux, escroquerie, abus de confiance » ainsi que « l’émission de chèques sans provision » . Cette décision marque un épilogue judiciaire pour l’homme d’affaires, ex-membre du Rassemblement national des indépendants (RNI), le parti du Premier ministre Aziz Akhannouch.

Mohamed Boudrika, également ancien président de l’arrondissement de Mers Sultan sous l’étiquette du RNI, avait été arrêté en juillet 2024 à l’aéroport de Hambourg (Allemagne) sur la base d’un mandat d’arrêt international émis par les autorités marocaines. Après son extradition en avril dernier, il avait été placé en détention provisoire. Le tribunal l’a en outre interdit d’émettre des chèques pendant un an. Ce verdict intervient alors que Boudrika avait déjà été condamné in absentia à un an de prison avec sursis et une amende de 232 500 dirhams en 2023 pour des faits similaires.

Une affaire liée à un contexte plus large

La chute judiciaire de Boudrika s’inscrit dans un paysage marqué par des enquêtes sur la gestion de clubs sportifs et les conflits d’intérêts politico-économiques. Un autre ancien président du Raja, Aziz El Badraoui, est également poursuivi depuis février 2024 pour « complicité d’abus de pouvoir » et « trafic d’influence » , illustrant une dynamique de mise en cause de responsables sportifs et politiques.

En janvier dernier, la Cour constitutionnelle avait mis fin au mandat parlementaire de Boudrika, entraînant la révocation de sa présidence à Mers Sultan. Cette double déchéance symbolise l’effritement de son influence, tant dans le monde du sport que dans le paysage politique local.

Le verdict, rendu en première instance, pourrait faire l’objet d’un appel. L’affaire rappelle les tensions entre sphères sportive, économique et politique au Maroc, où les dossiers de corruption continuent de susciter un débat public sur la transparence et l’indépendance des institutions.


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