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Milan-Cortina 2026 : Le Maroc au sommet des Alpes, entre héritage et ambition technique

LA VÉRITÉ


Le 6 février 2026, sous les projecteurs du stade San Siro, le drapeau rouge frappé de l’étoile verte a fendu l’air glacial de Milan. Portée par Pietro Tranchina, l’enseigne marocaine n’était pas seulement un symbole de présence, mais le manifeste d’une nation qui refuse de voir son destin hivernal limité à sa seule géographie. Pour ces XXVes Jeux Olympiques d’Hiver, le Maroc ne se contente plus de figurer ; il déploie une stratégie de précision, alliant l’excellence technique de sa diaspora à la rigueur des disciplines de haute endurance.

L’histoire d’amour entre le Maroc et la neige olympique n’est pas un accident de parcours. Elle débute en 1968 à Grenoble, et si le Royaume a connu des hivers de silence, il a toujours su revenir avec une structure renforcée.

Adam Lamhamedi médaille d’or aux Jeux olympiques d’hiver d’Innsbruck en 2012

Le tournant majeur reste l’or d’Adam Lamhamedi aux JO d’Innsbruck en 2012, un succès qui a brisé un plafond de verre psychologique en prouvant qu’un Marocain peut dominer les puissances alpines traditionnelles. Aujourd’hui, sous l’impulsion du Comité National Olympique Marocain (CNOM) et de la Fédération Royale Marocaine de Ski et Sports de Montagne (FRMSM), la sélection repose sur un socle de professionnalisme inédit où l’amateurisme romantique cède la place à la data et à la performance pure.

La délégation de 2026 s’appuie sur deux piliers aux trajectoires complémentaires. D’un côté, Pietro Tranchina incarne cette excellence biculturelle. Né dans le Piémont et formé au système italien, il est le premier skieur marocain à évoluer régulièrement sur le circuit de la Coupe du Monde. Sur la piste Stelvio de Bormio, l’une des plus verglacées et exigeantes du monde, il vise un Top 30 historique en Slalom et Slalom Géant dès les 14 et 16 février. De l’autre côté, Abderrahim Kemmissa porte le souffle de l’Atlas dans l’épreuve reine de l’effort : les 10 km style libre à Predazzo. À 31 ans, sa participation le 13 février symbolise la persévérance marocaine dans le ski de fond, une discipline qui exige une capacité cardiovasculaire et une gestion du lactate hors du commun.

Le succès de cette édition est indissociable du travail institutionnel mené par le CNOM. À travers le programme « JIL 32-36 » et l’Académie Olympique Digitale, le Maroc prépare déjà l’avenir. L’enjeu est double : performer en Italie et inspirer la jeunesse dans les stations de l’Oukaïmeden et d’Ifrane. La diplomatie sportive marocaine est ici à son apogée, utilisant le sport comme levier de rayonnement international. Avec une quinzaine d’athlètes africains présents cette année, le Maroc s’impose comme un leader régional équilibré, étant l’une des rares nations du continent à s’aligner simultanément sur l’alpin et le fond.

Le défi est lancé. Sur les pentes italiennes, le Maroc ne court pas seulement contre la montre, il skie vers son futur. Si Pietro Tranchina intègre le Top 30, il a promis de teindre l’étoile marocaine sur sa chevelure, un geste d’audace pour une nation qui n’a plus peur du froid.


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