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Migration : à Genève, le Maroc refuse de jouer les « gendarmes » de l’Europe

À Genève, l’ambassadeur Omar Zniber défend la politique migratoire du Royaume et rejette toute lecture qui réduirait le Maroc au rôle de pays chargé de contrôler les frontières européennes

La Vérité


Le Maroc refuse d’être réduit au rôle de « gendarme » de l’Europe. À Genève, l’ambassadeur représentant permanent du Royaume auprès de l’Office des Nations unies, Omar Zniber, a défendu la politique marocaine en matière de migration et de droits des migrants. Son intervention intervient dans le contexte de la 63e session du Conseil des droits de l’homme et après les événements migratoires survenus à Sebta en juillet dernier.

Le Maroc revendique une politique migratoire propre

D’abord, Omar Zniber conteste l’idée selon laquelle le Maroc aurait pour seule fonction de contenir les flux migratoires à destination de l’Europe.

Le diplomate rappelle que le Royaume participe depuis plusieurs années aux discussions internationales sur les droits des migrants. Il souligne également l’existence d’un cadre juridique marocain consacré à l’intégration des migrants et la coopération développée avec les pays africains et européens.

Pour Rabat, cette politique ne peut donc pas se résumer à la surveillance des frontières.

« Le Maroc n’est pas disposé à jouer le rôle de gendarme pour qui que ce soit en matière de migration », a affirmé Zniber dans un entretien accordé à Hespress.

Cette déclaration intervient après les événements migratoires de juillet à Sebta. Elle traduit surtout la volonté marocaine de replacer la question migratoire dans une relation de coopération, et non dans une logique où le Royaume assumerait seul la responsabilité du contrôle des flux vers l’Europe.

L’ambassadeur s’est arrêté sur l’absence de référence au Maroc et à Sebta dans le discours d’ouverture du Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme.

Selon lui, le Haut-Commissariat aborde habituellement les migrations sous l’angle de la protection des droits humains. Il estime que cette approche ne doit pas conduire à présenter le Maroc uniquement à travers la question du contrôle migratoire.

Le diplomate met au contraire en avant l’engagement du Royaume dans les initiatives internationales consacrées aux migrants.

Le Maroc participe notamment aux travaux du Conseil des droits de l’homme, de l’Organisation internationale pour les migrations et de l’Assemblée générale des Nations unies.

M. Zniber considère ainsi que Rabat dispose d’« arguments solides » sur le dossier migratoire et rejette les lectures qu’il juge destinées à nuire à l’image du Royaume.

Omar Zniber a également évoqué les tentatives d’instrumentalisation du Conseil des droits de l’homme autour du Sahara. Il affirme que la délégation marocaine répond à ces initiatives avec vigilance et sérénité, en défendant la position du Royaume sur son intégrité territoriale.

Cette séquence intervient alors que 40 États ont réaffirmé mardi à Genève leur soutien à la souveraineté du Maroc sur ses provinces du Sud. Dans une déclaration lue par Omar Zniber lors de la 63e session du Conseil des droits de l’homme, ces pays ont également soutenu une solution fondée sur l’initiative marocaine d’autonomie.

Les signataires ont par ailleurs estimé que la question du Sahara relève du processus politique conduit sous l’égide du Conseil de sécurité des Nations unies. Ils ont apporté leur soutien à la résolution 2797 et à la relance des négociations sur la base du plan d’autonomie marocain.

Enfin, Omar Zniber insiste sur la place que le Maroc occupe désormais dans le système international des droits de l’homme.

L’ambassadeur cite notamment la participation du Royaume à plusieurs mécanismes et processus liés aux droits humains, ainsi que son rôle dans l’Examen périodique universel.

Il rappelle également la mise en place d’un organe consultatif consacré à l’égalité entre les femmes et les hommes au sein du Conseil des droits de l’homme.

Pour Rabat, ces engagements doivent permettre de défendre une image du Maroc qui ne se limite pas à son rôle de partenaire migratoire de l’Europe.

Le message porté depuis Genève est donc double : le Maroc entend continuer à coopérer sur la migration, mais refuse d’assumer une fonction de simple sous-traitant du contrôle des frontières européennes. Dans le même temps, le Royaume cherche à consolider sa position dans les enceintes multilatérales où se jouent désormais une partie des batailles diplomatiques autour des droits humains, de la migration et du Sahara.


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