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MEDays 2025 : Le Maroc s’impose en hub touristique incontournable pour l’investissement en Afrique

Les géants mondiaux de l’hôtellerie plébiscitent la stabilité et la vision stratégique du Royaume comme modèles de transformation économique pour le continent

Par Fayçal El Amrani


Au MEDays 2025, le constat des géants du secteur est sans appel : l’époque où le tourisme africain était perçu comme un pari risqué est révolue. Sous l’impulsion du Maroc, le secteur s’affirme désormais comme une classe d’actifs mature, conditionnée par une équation simple : stabilité politique plus infrastructures égalent rentabilité.

Ce mercredi à Tanger, loin des discours convenus, une réalité économique s’est imposée lors du sommet MEDays : le centre de gravité du tourisme mondial glisse vers le Sud. Le panel dédié à l’investissement hôtelier n’a pas seulement servi de vitrine ; il a acté une rupture stratégique. Pour les décideurs réunis, le tourisme en Afrique n’est plus une activité de loisir annexe, mais le levier le plus efficace pour la transformation structurelle des économies émergentes.

La saturation européenne profite au dynamisme marocain

L’intervention de Raúl González, à la tête de la zone EMEA pour le groupe Barceló, a jeté un pavé dans la mare des certitudes européennes. Son analyse est froide et pragmatique : les marchés européens sont saturés et leurs marges s’effritent. À l’inverse, le Maroc offre ce que tout investisseur recherche aujourd’hui : de la croissance couplée à de la sécurité.

Avec 400 millions d’euros injectés dans le Royaume, le groupe espagnol ne fait pas de la philanthropie, mais de l’arbitrage financier intelligent. Le message de González est clair : la stabilité du Maroc n’est pas juste un atout politique, c’est une garantie bancaire. Pour Barceló, le Royaume est devenu le laboratoire de réussite qui doit inspirer le reste du continent, prouvant que l’on peut investir massivement dans les loisirs dès lors que la visibilité institutionnelle est assurée.

L’écosystème avant le béton

Si l’hôtellerie est la face visible, l’infrastructure est la colonne vertébrale. C’est la lecture qu’offre Accor, par la voix de Réda Faceh. L’histoire du groupe au Maroc — née d’une amitié entre Chefs d’État et consolidée par des décennies de présence — enseigne une leçon fondamentale : un hôtel ne vit pas en autarcie.

L’analyse d’Accor déplace le débat de la simple capacité d’accueil vers la connectivité. La réussite marocaine ne réside pas uniquement dans la qualité de ses palaces, mais dans sa stratégie aérienne et logistique. Pour les investisseurs, la leçon est limpide : sans un ciel ouvert et des transports fiables, le potentiel touristique reste une coquille vide.

Le rempart contre le chômage des jeunes

Enfin, Mossadeck Bally du groupe Azalaï a apporté une dimension sociétale cruciale à cette analyse économique. Dans une Afrique où 70 % de la population a moins de 30 ans, le tourisme n’est pas un luxe, mais une urgence sociale. C’est l’une des rares industries capables d’absorber massivement cette main-d’œuvre.

Le paradoxe soulevé par M. Bally est celui du financement : bien que le secteur ait prouvé sa résilience exceptionnelle (notamment post-Covid), l’accès aux capitaux reste le talon d’Achille de l’hôtellerie africaine. Pourtant, l’expérience d’Azalaï, qui a maintenu le cap même en zone de turbulences, démontre que le risque est souvent surestimé par rapport à la réalité du terrain.

Les discussions de Tanger dessinent une nouvelle feuille de route pour l’Afrique. L’investissement touristique ne s’improvise plus ; il exige une gouvernance rigoureuse et une vision holistique intégrant transport, durabilité et formation. Dans cette configuration, le Maroc ne fait pas que participer : il définit les standards d’un nouveau modèle de développement continental.


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