MEDays 2022: Contre l’insécurité alimentaire, l’Afrique doit adopter des politiques de long terme
LA VÉRITÉ / MAP
Des experts internationaux ont appelé, vendredi à Tanger, à la mise en place de politiques publiques de long terme accompagnées de partenariats publics privés innovants pour faire face à l’urgence de la sécurité alimentaire.
Durant un panel portant sur « l’(in)sécurité alimentaire globale : quelles stratégies et quelles réponses durables ? », organisé dans le cadre du Forum MEDays 2022, le directeur du bureau du Programme Alimentaire Mondial (PAM) auprès de l’Union africaine (UA), Dr Hameed Nuru, a fait observer que l’insécurité alimentaire s’est accentuée durant la période post-pandémie, augmentant drastiquement le nombre de personnes en sous-nutrition dans le monde.
L’expert du PAM a ainsi souligné la nécessité de mettre en place des politiques publiques sur le long terme et durables qui ne se contentent pas de répondre à l’urgence actuelle, estimant que mettre fin à l’insécurité alimentaire nécessite également une forte implication du secteur privé.
« Le problème principal est que la population continue à grandir et le déficit net de production agricole ne fera qu’augmenter au fil du temps aggravant davantage la crise », a-t-il expliqué.
De son côté, le Président du directoire de Crédit Agricole Maroc, Noureddine Boutayeb, a indiqué que le Maroc a pu gérer la situation alimentaire durant ces dernières années grâce à une politique anticipative « en essayant de voir quels étaient les produits qu’il fallait absolument avoir pour ne pas tomber dans une situation de crise ».
Le Maroc a de fait, importé une quantité importante de farine, de sucre et d’oléagineux pour surmonter la crise pandémique, a-t-il fait savoir.
Il a également noté que le conflit russo-ukrainien n’a pas « provoqué un effet de pénurie sur le blé, mais une explosion du prix du blé qui s’est ajoutée à celle du soja et des ingrédients nécessaires à la production d’huile alimentaire », soulignant que la préoccupation majeure aujourd’hui réside dans l’atténuation du changement climatique et la question du stress hydrique.
A cet égard, il a mis en lumière les efforts conséquents du Royaume dans la gestion de l’eau, à travers un changement de paradigme « vers la gestion de la demande plutôt que la gestion de l’offre, en jouant sur la tarification et sur les économies d’eau par le biais de technologies non conventionnelles ».
M. Boutayeb a soutenu que le dessalement de l’eau de mer et la réutilisation des eaux usées sont la clé pour une meilleure gestion des ressources hydriques et que ces technologies et innovations deviennent de plus en plus accessibles grâce notamment à des partenariats avec des pays pionniers en la matière, à l’instar d’Israël.
Abondant dans ce sens, le Secrétaire du Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA), Christopher Hegadorn, a relevé qu’Israël possède des technologies alimentaires « fantastiques » capables d’assurer une importante production dans un environnement faible en ressources hydriques.
En ce sens, l’expert américain a noté que de telles technologies sont particulièrement intéressantes pour un pays comme le Maroc qui peut s’en servir pour alimenter son arsenal de lutte contre le stress hydrique.
Organisé par l’Institut Amadeus sous le Haut Patronage de SM le Roi Mohammed VI, le Forum MEDays 2022 s’étale sur quatre jours marqués par de nombreux débats et interactions, à travers plus de 50 sessions et tables rondes animées par plus de 250 intervenants internationaux de renom, parmi lesquels des chefs d’Etat et de gouvernement, des ministres, des prix Nobel, des responsables d’organisations internationales, des chefs d’entreprises, des investisseurs et de nombreuses personnalités issues de plus de 100 pays, qui partageront leurs points de vue et leurs lectures des grandes évolutions et des multiples bouleversements actuels autour de plus de 5.000 participants.
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