Marrakech, capitale des nouvelles entreprises
En 2025, la région de Marrakech-Safi a enregistré 12.341 créations d’entreprises, dont la quasi-totalité à Marrakech. Si le bâtiment, l’immobilier et le commerce dominent, des secteurs stratégiques comme les TIC, l’agriculture ou les activités financières restent marginalisés, révélant à la fois un dynamisme concentré et des opportunités encore inexploitées.
LA VÉRITÉ
La région de Marrakech-Safi continue d’afficher un dynamisme économique notable, porté par la capitale régionale. Selon les derniers chiffres de l’Office marocain de la propriété industrielle et commerciale (OMPIC), 12.341 entreprises ont été créées dans la région au cours de l’année écoulée. Parmi elles, 9.918 sont des personnes morales et 2.423 des personnes physiques, soulignant l’importance de la structuration juridique dans la démarche entrepreneuriale.
Une analyse géographique révèle une concentration quasi écrasante sur la préfecture de Marrakech, avec 9.614 nouvelles entreprises. Les autres provinces restent à la traîne : Safi (949), El Kelâa des Sraghna (527), Essaouira (526), Rehamna (306), Chichaoua (236) et Youssoufia (183). Cette répartition traduit un déséquilibre marqué, où Marrakech apparaît comme le véritable moteur économique de la région, capable d’attirer la majorité des initiatives entrepreneuriales.
Sur le plan sectoriel, le bâtiment et les activités immobilières s’accaparent la plus grande part avec 24,36 % des entreprises créées, suivis du commerce (21,34 %) et des services divers (20,12 %). Les hôtels et restaurants représentent 10,24 %, tandis que les transports (6,41 %), l’industrie (5,58 %) et les technologies de l’information et de la communication (TIC) (2,65 %) restent plus modestes. Les activités financières et l’agriculture-pêche occupent les dernières places, avec respectivement 1,84 % et 1,46 %.
Cette répartition met en lumière la prédominance des secteurs traditionnels, notamment l’immobilier et le commerce, qui continuent de concentrer les ambitions entrepreneuriales. À l’inverse, les secteurs à haute valeur ajoutée ou stratégiques, tels que les TIC et l’agriculture moderne, restent encore peu développés, signalant des opportunités de diversification économique dans la région.
La forme juridique privilégiée par les entrepreneurs conforte cette tendance. 63,9 % des entreprises sont des SARL à associé unique (SARL-AU), tandis que 35,4 % sont des SARL classiques, les autres formes (y compris les sociétés anonymes) représentant moins de 1 %. Ce choix traduit une préférence pour la flexibilité et la simplicité administrative, particulièrement adaptée aux petites structures et aux initiatives individuelles.
À l’échelle nationale, le Maroc a enregistré 109.644 créations d’entreprises en 2025, dont 78.615 personnes morales et 31.029 personnes physiques. Marrakech-Safi se classe 4ᵉ région la plus dynamique, derrière Casablanca-Settat (33.959), Tanger-Tétouan-Al Hoceima (15.286) et Rabat-Salé-Kénitra (13.976). Ce positionnement illustre l’attractivité croissante de la région, qui se profile comme un pôle économique incontournable du pays.
Si la concentration des créations à Marrakech témoigne d’un dynamisme certain, elle pose également la question du déséquilibre régional. Les provinces périphériques restent marginales, et certains secteurs, pourtant stratégiques pour l’économie future, peinent à décoller. Pour les autorités et les investisseurs, l’enjeu consiste désormais à stimuler l’entrepreneuriat dans les zones moins développées et à favoriser la diversification sectorielle afin de consolider une croissance plus inclusive et durable.
En somme, la région Marrakech-Safi confirme son rôle moteur dans l’économie régionale, mais les chiffres révèlent aussi des défis persistants : la concentration géographique, le poids des secteurs traditionnels et le retard de certains domaines stratégiques. La région dispose toutefois de tous les leviers pour transformer ces déséquilibres en opportunités.
Suivez les dernières actualités de Laverite sur Google news