Hydrocarbures : le Maroc dispose de 40 à 60 jours de réserves en gasoil et butane
Face à la hausse des cours internationaux de l’énergie, le gouvernement prolonge le soutien exceptionnel aux professionnels du transport. Le Royaume annonce parallèlement disposer d’un stock de gasoil et de gaz butane couvrant entre 40 et 60 jours, tandis que l’approvisionnement des marchés reste assuré

La Vérité
Le Maroc renforce son dispositif de précaution face aux tensions qui affectent les marchés internationaux de l’énergie. Réunie mercredi 30 septembre à Rabat, la Commission ministérielle chargée de suivre les répercussions des tensions géopolitiques au Moyen-Orient sur l’économie nationale a décidé de maintenir le soutien direct et exceptionnel aux professionnels du transport de marchandises et de voyageurs.
La réunion, présidée par le Chef du gouvernement Aziz Akhannouch, a également permis de préciser l’état des disponibilités énergétiques du Royaume. Selon le communiqué gouvernemental, le Maroc dispose d’un stock de réserve en gasoil et en gaz butane permettant de couvrir entre 40 et 60 jours.
Ce chiffre constitue l’un des éléments les plus concrets communiqués jusqu’à présent sur la sécurité d’approvisionnement dans le contexte actuel.
Un soutien maintenu pour éviter une hausse du transport
Le gouvernement justifie la prolongation de l’aide aux transporteurs par la hausse persistante des cours internationaux des hydrocarbures et par ses répercussions sur l’économie nationale.
L’objectif affiché est double : préserver la régularité de l’approvisionnement des marchés et maintenir les tarifs actuels du transport public sans hausse supplémentaire pour les citoyens.
Le montant de la prochaine tranche n’a pas été fixé dans le communiqué. L’Exécutif indique seulement qu’il sera adapté à l’évolution des prix des hydrocarbures.
Les professionnels concernés pourront, comme lors des précédentes opérations, déposer leur demande sur la plateforme Mouakaba et suivre son traitement en ligne.
Cette décision prolonge un mécanisme déjà activé en septembre. Le ministère du Transport avait annoncé une nouvelle tranche couvrant 30 jours, avec ouverture des inscriptions à partir du 24 septembre.
40 à 60 jours : ce que signifie réellement le chiffre
La formulation du communiqué mérite toutefois une lecture précise.
Le gouvernement parle d’un « stock de réserve » disponible dans le Royaume. Cela ne permet pas, à ce stade, d’affirmer qu’il s’agit intégralement de réserves stratégiques publiques appartenant à l’État.
La communication officielle ne fournit pas non plus le volume physique disponible, la répartition entre gasoil et butane, ni les sites de stockage concernés.
Il serait donc prématuré de transformer la fourchette de 40 à 60 jours en estimation d’un stock stratégique national au sens strict.
En revanche, ce chiffre donne une indication sur la capacité actuelle du marché marocain à absorber d’éventuelles perturbations temporaires de l’approvisionnement.
Les produits de base continuent d’arriver normalement
La Commission affirme par ailleurs que l’approvisionnement du marché national en produits agricoles et en biens essentiels se poursuit dans des conditions normales.
Le gouvernement souligne cette continuité malgré les tensions géopolitiques et les pressions qui pèsent sur les chaînes mondiales d’approvisionnement énergétique.
Pour le Maroc, largement dépendant des importations énergétiques, la combinaison entre niveau des stocks, diversification des approvisionnements et soutien temporaire aux transporteurs devient un enjeu directement lié à la stabilité des prix.
Le dispositif vise notamment à éviter qu’une hausse des carburants ne se transmette trop rapidement aux coûts du transport, puis aux prix des marchandises.
Des prix sous surveillance à partir du 1er octobre
La pression sur les carburants devrait rester visible dans les prochains jours.
Vivo Energy Maroc a communiqué de nouveaux prix conseillés applicables à partir du 1er octobre à 00h01. L’entreprise fixe notamment le FuelSave SSP à 15,63 DH le litre. Ces montants restent toutefois des prix recommandés par un distributeur, et non une tarification nationale uniforme. Les prix peuvent varier selon les stations et les opérateurs.
L’évolution effective des prix à la pompe permettra de mesurer dans quelle mesure la hausse internationale se transmet au marché marocain.
Pour l’heure, le gouvernement met en avant deux priorités : maintenir l’approvisionnement et limiter l’impact de la hausse des hydrocarbures sur le transport et les prix intérieurs.

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