Take a fresh look at your lifestyle.

Maroc-Sahara/CS: L’essentiel est que Moscou n’a pas bloqué l’adoption de la nouvelle résolution 2602 (2021)

Quelle que soit l’explication de l’abstention russe au Conseil de sécurité, l’essentiel est que Moscou n’a pas opposé son véto à l’adoption de la résolution et ne s’y était pas opposée (en votant contre), car dans ce dernier cas, elle serait apparue, seule, au Conseil (contre tous), ce qui risquait d’entamer son prestige et son image, alors qu’elle dispose d’une arme tranchante au sein de cette instance, qui est le droit de véto. Elle n’avait par ailleurs pas utilisé cette arme car, à mes yeux, ce conflit ne menace pas la paix mondiale, ni les intérêts vitaux et stratégiques de la Russie dans le monde.

La Russie de Vladimir Poutine, en dépit de son alliance historique et stratégique avec Alger, tissée depuis l’indépendance de l’Algérie et l’alignement de cette dernière à l’ancien bloc de l’Est, lors de la guerre froide, Moscou semblerait vouloir entretenir un équilibre rationnel dans ce conflit artificiel dans lequel s’est embourbée l’Algérie, en s’employant à faciliter la recherche d’un règlement, non préjudiciable aux intérêts supérieurs du Royaume et en ménageant quelque peu son allié de longue date.

Moscou décide ainsi de ne pas bloquer l’adoption de la résolution, et ménage, en même temps, son allié, dans son explication du vote, mais après coup. Pour nous, ce qui est fondamental, c’est le vote de la résolution, qui engage tout le monde au niveau international.
Il y a lieu de rappeler que le Royaume est le premier partenaire commercial de la Russie en Afrique, et que Moscou venait de démentir, jeudi, des informations du journal algérien Echourouk (anti-marocain) qui, dans un article sous le titre «l’Algérie à l’origine de la crise entre la Russie et le Maroc », affirmait que les relations maroco-russes étaient «extrêmement tendues». La diplomatie russe, à travers son site internet, avait ironisé :«Nul doute que le journal peut prétendre à un prix dans deux catégories à la fois : en tant que modèle classique de désinformation et pour fausse analyse».

En tant qu’allié de l’Algérie, la Russie se devait de ménager son allié, ne serait-ce qu’en réaffirmant certains paramètres idéalistes chers aux «envoyés diplomatiques spéciaux» algériens, en ces temps d’incertitude globale sur les lendemains du pouvoir militaire en Algérie qui s’est targué, ces derniers jours, de donner des leçons aux militaires soudanais, comme si en Algérie, la junte n’était pas décriée par le Hirak et le peuple algérien. Quant à la Tunisie « sœur », sa position au Conseil de sécurité reste marginale et sans impact.
Le conseil de sécurité a ainsi réfuté l’ensemble des «pourvois» des «envoyés spéciaux» algériens, qui avaient multiplié les initiatives, pour interférer sur le déroulement des délibérations du Conseil de sécurité, et amener ses membres à reprendre la nouvelle stratégie algérienne, qui préconise un retour à la case départ, et donc d’enterrer les efforts positifs, amorcés en 2007, suite à la proposition d’autonomie marocaine. Un échec patent pour l’Algérie et pour ses nouveaux stratèges diplomatiques dont Ramtane Laamamra. L’Algérie se considère-t-elle à tort, comme toujours, une grande puissance, ou «une force de frappe», comme dirait le président Tebboune, pour pouvoir ambitionner de changer le cours du processus de règlement de la question du Sahara, en dépit des multiples résolutions adoptées depuis 2007 ! Une grave erreur !

Le séisme provoqué à Alger a été à la mesure de ses espoirs : le silence absolu à Alger.


À lire aussi
commentaires
Loading...