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Le Maroc détrône l’Afrique du Sud et s’impose comme le nouveau leader industriel du continent

Selon le dernier rapport de la BAD présenté en 2026, le Maroc détrône l'Afrique du Sud et devient la première puissance industrielle du continent africain

LA VÉRITÉ


Selon le dernier rapport officiel publié par la Banque africaine de développement (BAD), le Maroc est officiellement devenu la première puissance industrielle d’Afrique. Cette progression majeure marque un tournant symbolique puisque le Royaume dépasse, pour la toute première fois de son histoire, le géant sud-africain dans le classement de l’Indice d’industrialisation de l’Afrique (AII).

Présentée à Brazzaville à l’occasion des Assemblées annuelles 2026 de la BAD, cette étude met en lumière une transformation profonde, qualifiée par l’institution d’évolution « silencieuse mais irréversible ». Parallèlement, la BAD a dévoilé le premier Baromètre de l’investissement industriel africain (AfIIB), développé en partenariat avec WITBA Invest SA et Trendeo, confirmant la trajectoire d’une poignée d’économies qui parviennent à capter la majorité des flux d’investissements productifs mondiaux.

Une stratégie de diversification payante sur deux décennies

Le sacre du Maroc ne doit rien au hasard. Les experts de la BAD soulignent que le pays a su bâtir une assise industrielle extrêmement diversifiée grâce à une vision politique rigoureuse amorcée il y a près de vingt ans. Cette politique d’État s’est structurée autour d’investissements massifs dans les infrastructures de connectivité, d’un assainissement constant du climat des affaires et d’une intégration agressive au sein des chaînes de valeur internationales.

Le complexe portuaire Tanger Med incarne à lui seul la réussite de ce modèle. Érigé en premier hub portuaire d’Afrique et de la Méditerranée, il sert aujourd’hui de plateforme logistique mondiale, renforçant l’attractivité du territoire auprès des donneurs d’ordres étrangers. De plus, l’économie marocaine a réussi sa transition vers la haute technologie : si l’automobile de pointe et la valorisation des phosphates restent des moteurs essentiels, le secteur aéronautique s’impose désormais comme le fleuron de cette montée en gamme industrielle.

Pour Abdelmalek Alaoui, président de l’Institut marocain d’intelligence stratégique, cette consécration valide un pari audacieux. Le choix précoce de miser sur des écosystèmes performants à forte valeur ajoutée, soutenu par des efforts publics colossaux dans les télécommunications et la logistique, a permis d’offrir un écosystème clé en main aux multinationales les plus exigeantes.

Les défis d’un continent aux performances contrastées

Malgré la performance marocaine, la BAD tempère son optimisme en rappelant que l’industrialisation à l’échelle continentale reste fragmentée et concentrée. Le commerce intra-africain ne représente encore que 14,4 % des échanges globaux, un indicateur qui trahit le manque d’intégration des chaînes de production régionales.

Ousmane Fall, directeur du développement industriel et commercial de la BAD, précise que bien que quarante-et-un pays africains avancent dans la bonne direction, le continent doit impérativement intensifier ses capacités de financement et moderniser ses réseaux logistiques interconnectés. Si l’Afrique du Nord et l’Afrique australe maintiennent leur hégémonie en matière d’exportations manufacturières, le recul de la compétitivité sud-africaine offre au Maroc l’opportunité idéale de consolider son rôle de carrefour industriel incontournable entre l’Europe, le continent américain et l’Afrique.


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