Maroc-Portugal : un nouveau modèle de coopération migratoire en construction
Le Maroc et le Portugal adaptent leur coopération sur la migration de travailleurs pour répondre aux réalités économiques contemporaines
LA VÉRITÉ
Dès son arrivée à Porto dans le cadre du Forum social, le ministre marocain de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, Younes Sekkouri, a donné le ton. Son objectif est clair : moderniser les accords migratoires entre le Maroc, le Portugal et l’Union européenne afin d’harmoniser les attentes des entreprises et des travailleurs dans un contexte économique en pleine mutation.
Adaptation des accords à la réalité économique
En effet, le ministre Sekkouri, son homologue portugaise Rosário Palma Ramalho et la commissaire européenne Dubravka Šuica constatent que les dispositifs actuels ne répondent plus aux besoins des employeurs portugais ni aux aspirations des travailleurs marocains. Ils plaident pour une révision qui garantisse visibilité, sécurité et conditions équitables des deux côtés. Sekkouri met l’accent sur l’élargissement des procédures de recrutement direct depuis le Maroc, en coordination avec l’ANAPEC et les instituts de formation professionnelle.
Modèles inspirants et coopération transfrontalière
De plus, le ministre cite l’exemple espagnol comme source d’inspiration : les visas quadriennaux offrent une stabilité aux travailleurs tout en assurant une main-d’œuvre fiable pour des secteurs en pénurie, notamment l’agriculture. La formation professionnelle dispensée au Maroc, alignée sur les besoins portugais, devient ainsi un pilier central de cette coopération. La reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles s’impose également comme une priorité pour fluidifier la mobilité des talents.
Enjeux européens et initiatives méditerranéennes
Par ailleurs, la commissaire Dubravka Šuica rappelle que l’Europe affronte un défi démographique majeur : le vieillissement de sa population. Elle évoque deux programmes phares, le « Partenariat des talents » et l’« Alliance pour la Méditerranée », qui visent à encadrer les flux migratoires de manière ordonnée, tout en favorisant un développement économique partagé et une cohésion sociale renforcée.
Ainsi, Younes Sekkouri ouvre la voie à un partenariat migratoire renouvelé, fondé sur l’équité, l’efficacité et l’adaptation aux réalités économiques des deux rives. Le Maroc, le Portugal et l’Union européenne s’orientent vers une vision où la migration de travail ne se limite plus à répondre aux pénuries de main-d’œuvre, mais devient un levier de croissance partagée. Ce dialogue, désormais renforcé, promet d’améliorer les conditions de mobilité, de consolider la formation professionnelle et de bâtir un cadre durable pour l’avenir des travailleurs marocains en Europe.
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