Maroc-Israël : Le plan 2026 acté, vers une souveraineté industrielle militaire
La troisième réunion du Comité militaire conjoint scelle le passage de la simple acquisition au transfert technologique, avec la production locale de drones comme fer de lance

LA VÉRITÉ
La coopération sécuritaire entre le Royaume et Israël franchit un nouveau palier stratégique. Réunis à Tel Aviv, les hauts responsables des Forces Armées Royales (FAR) et de l’armée israélienne ont officiellement signé le plan de travail conjoint pour l’année 2026. Cette troisième réunion du Comité militaire mixte marque la fin de la phase exploratoire pour entrer dans une ère de planification opérationnelle précise, définissant un calendrier rigoureux d’exercices et de projets communs, selon les informations rapportées par le site spécialisé defensa.com.
La délégation militaire marocaine a mis à profit cette semaine de travail pour effectuer des visites de terrain stratégiques au sein d’unités de Tsahal et d’installations industrielles de pointe. L’objectif dépasse désormais le cadre classique des contrats d’armement : les deux états-majors visent un véritable « renforcement des capacités ». Cette approche englobe l’échange d’expertises sur les doctrines de combat et les méthodes opérationnelles, institutionnalisant ainsi une coopération intégrée aux plans de défense à long terme du Royaume.
Sur le plan industriel, véritable clé de voûte de ce partenariat, Rabat accélère sa mutation stratégique. Le transfert de technologie devient une réalité tangible. BlueBird Aero Systems, filiale du géant Israel Aerospace Industries (IAI), accueille actuellement des ingénieurs et techniciens marocains pour un programme de formation intensif. L’enjeu est de taille : implanter au Maroc la chaîne de production des munitions rôdeuses SpyX.
Nos techniciens acquièrent ainsi la maîtrise complète de l’assemblage des aéronefs, de l’intégration des capteurs optiques et des systèmes de guidage. Ce transfert de savoir-faire matérialise la volonté royale de transformer le Maroc d’importateur passif en producteur d’armements, posant les bases d’une industrie de défense nationale autonome.
Par ailleurs, l’empreinte industrielle israélienne s’étend à des domaines critiques tels que les systèmes de surveillance avancée et les solutions de commandement et de contrôle (C4I). IAI structure sa présence à travers des alliances locales, s’appuyant sur l’accord-cadre de novembre 2021. Cette dynamique renforce non seulement l’interopérabilité des forces, mais consolide surtout les capacités de dissuasion et de surveillance du territoire national face aux défis régionaux.

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