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Maroc-France : Les projets passent à l’action

La quinzième Réunion de Haut Niveau entre le Maroc et la France, tenue jeudi à Rabat sous la coprésidence du Chef du gouvernement Aziz Akhannouch et du Premier ministre français Sébastien Lecornu, a marqué une nouvelle étape dans le partenariat stratégique entre les deux pays. Une série d’accords et de conventions a été conclue dans des secteurs considérés comme prioritaires pour les deux États, traduisant une volonté commune d’accélérer la mise en œuvre des engagements pris depuis la visite d’État du président Emmanuel Macron au Maroc en octobre 2024.

Par Fayçal El Amrani


Cette séquence diplomatique s’inscrit dans un contexte de relance approfondie des relations bilatérales. Après plusieurs mois consacrés à la réactivation des mécanismes de dialogue politique, Rabat et Paris entrent désormais dans une phase davantage tournée vers la concrétisation des projets, avec des engagements touchant les infrastructures, l’économie, la culture, la recherche, l’enseignement, le transport, l’eau, l’agriculture et la coopération institutionnelle.

Parmi les accords les plus structurants figure la confirmation du financement de la Ligne à grande vitesse reliant Kénitra à Marrakech. Le protocole d’entente a été signé par la ministre de l’Économie et des Finances Nadia Fettah et son homologue français chargé de l’Économie Roland Lescure. Ce projet constitue l’un des principaux chantiers d’infrastructures du Royaume à l’approche de la Coupe du monde 2030, organisée conjointement par le Maroc, l’Espagne et le Portugal. Il accompagnera l’extension du réseau ferroviaire à grande vitesse et renforcera la mobilité entre les principaux pôles économiques et touristiques du pays.

Les deux parties ont également signé une déclaration commune précisant les modalités de mise en œuvre du partenariat consacré à la politique nationale de l’eau. Ce document complète les engagements conclus en octobre 2024 entre le Maroc, la France et l’Agence française de développement. Dans un contexte marqué par plusieurs années de stress hydrique, cette coopération porte notamment sur la gestion durable des ressources en eau, le financement des infrastructures hydrauliques, l’amélioration des performances des réseaux et le développement de nouvelles solutions d’adaptation climatique.

Sur le plan diplomatique, les ministres des Affaires étrangères Nasser Bourita et Jean Noël Barrot ont signé une lettre d’intention consacrée à la coopération autour de la politique étrangère féministe. Cette initiative prévoit un renforcement des échanges d’expertise entre les deux diplomaties ainsi qu’une coordination accrue sur plusieurs dossiers internationaux liés aux droits des femmes, à l’égalité et à la représentation dans les instances internationales.

Le secteur de l’éducation figure également parmi les priorités retenues. Une déclaration d’intention a été conclue entre le ministre marocain de l’Éducation nationale Mohamed Saad Berrada et la ministre française déléguée chargée de la Francophonie Éléonore Caroit. L’accord vise à développer l’enseignement de la langue arabe et de l’histoire géographie dans les établissements français implantés au Maroc, tout en favorisant le bilinguisme et les échanges pédagogiques entre les deux systèmes éducatifs.

La coopération dans les transports connaît elle aussi une nouvelle dynamique. Le ministre du Transport et de la Logistique, Abdessamad Kayouh, et son homologue français Philippe Tabarot ont signé un plan d’action triennal couvrant la période 2026-2028 dans le domaine de l’aviation civile. Ce programme prévoit un approfondissement de la coopération technique, réglementaire et opérationnelle, notamment en matière de sécurité aérienne, de formation et de modernisation du secteur.

Dans le domaine maritime, une convention de partenariat a également été conclue entre l’Institut supérieur d’études maritimes du Maroc et l’École nationale supérieure maritime de France. Cette coopération favorisera les échanges scientifiques, les programmes de formation et les projets de recherche destinés à accompagner les évolutions du transport maritime et de l’économie bleue.

Les secteurs industriel et postal font également partie des nouveaux axes de collaboration. Le ministre de l’Industrie et du Commerce Ryad Mezzour et les représentants du Groupe La Poste ont signé un accord destiné à moderniser les services postaux, à accompagner leur transformation numérique et à renforcer les échanges d’expertise entre les opérateurs des deux pays.

Le volet culturel occupe une place importante dans cette nouvelle étape des relations bilatérales. Le ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication Mohamed Mehdi Bensaid et son homologue française Catherine Pégard ont signé plusieurs déclarations d’intention portant sur les échanges artistiques, le développement du cinéma, de l’image animée et des industries culturelles, avec une attention particulière accordée au continent africain. Une convention stratégique a également été conclue entre le ministère marocain et l’Institut du Monde Arabe afin de développer des projets communs dans les domaines culturel, intellectuel et citoyen.

La coopération scientifique s’élargit également aux secteurs de l’ingénierie, de l’agriculture et de la recherche. Le Laboratoire public d’essais et d’études du Maroc et le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement français ont signé une convention-cadre couvrant notamment les infrastructures portuaires, hydrauliques et maritimes ainsi que l’ingénierie des sols. Dans le même esprit, l’Institut agronomique et vétérinaire Hassan II et le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement ont conclu un accord destiné à développer des programmes conjoints en agriculture, médecine vétérinaire, sciences halieutiques et aquacoles.

Au-delà de la diversité des secteurs concernés, l’ensemble de ces accords traduit une évolution du partenariat entre Rabat et Paris. La coopération bilatérale s’oriente désormais vers des projets directement liés aux grandes priorités économiques du Royaume, qu’il s’agisse des infrastructures, de la souveraineté hydrique, de la transition énergétique, de la recherche ou du développement des compétences. Cette dynamique accompagne également les préparatifs de la Coupe du monde 2030 et les ambitions du Maroc en matière de compétitivité, d’attractivité des investissements et de rayonnement régional.

Pour la France, le Maroc confirme sa position de partenaire stratégique en Afrique et en Méditerranée. Pour Rabat, cette nouvelle séquence diplomatique ouvre une phase d’exécution concrète des engagements pris ces derniers mois, avec des projets appelés à produire des effets durables sur le développement économique, la modernisation des infrastructures et l’intensification des échanges entre les deux pays.


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