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Finances publiques : le déficit budgétaire s’établit à 58,6 milliards de DH à fin août

Le déficit budgétaire du Maroc s’est établi à 58,6 milliards de dirhams à fin août 2026, contre 59,5 milliards un an auparavant. Les recettes fiscales poursuivent leur progression tandis que l’investissement de l’État augmente de 11,4 %. Une autre publication officielle affiche un déficit légèrement différent, en raison d’une méthodologie comptable distincte

La Vérité


Le déficit budgétaire du Maroc a atteint 58,6 milliards de dirhams à fin août 2026, selon la dernière Situation des charges et ressources du Trésor publiée par le ministère de l’Économie et des Finances.

Un an plus tôt, il s’élevait à 59,5 milliards de dirhams. Le déficit s’améliore donc légèrement, de près de 900 millions de dirhams, malgré la progression des dépenses d’investissement. Cette évolution intervient dans un contexte de forte hausse des recettes fiscales.

Les recettes fiscales progressent de 10,3 %

Les recettes nettes du Trésor ont atteint 280,4 milliards de dirhams au terme des huit premiers mois de l’année. Les recettes fiscales représentent à elles seules 247,5 milliards de dirhams, soit une progression de 10,3 % par rapport à la même période de 2025.

Cette dynamique constitue l’un des principaux soutiens de l’exécution budgétaire en 2026. Les recettes non fiscales participent également au financement du budget. Elles comprennent notamment 9,9 milliards de dirhams issus des mécanismes de financement innovants.

L’investissement atteint 75,7 milliards de dirhams

En parallèle, l’État continue d’accélérer ses dépenses d’investissement.

Celles-ci se sont élevées à 75,7 milliards de dirhams à fin août, en progression de 11,4 % sur un an. L’amélioration limitée du déficit intervient donc alors même que l’effort d’investissement public continue de progresser.

Selon les données de la SCRT, les dépenses ordinaires atteignent pour leur part 268,2 milliards de dirhams. Le solde ordinaire reste positif, à environ 12,2 milliards de dirhams, avant prise en compte des investissements et des comptes spéciaux du Trésor.

Pourquoi la TGR publie-t-elle 56,9 milliards ?

Une autre publication officielle consacrée aux finances publiques a toutefois fait apparaître un chiffre légèrement différent.

La Trésorerie Générale du Royaume (TGR) avait évalué le déficit à fin août à 56,9 milliards de dirhams, contre 54,1 milliards un an auparavant. L’écart avec les 58,6 milliards publiés par le ministère ne signifie pas que l’une des deux administrations se trompe.

Les deux documents ne répondent pas exactement au même objectif.

Le bulletin de la TGR repose avant tout sur une présentation comptable des opérations exécutées, tandis que la SCRT réorganise ces données selon une lecture économique des finances publiques fondée sur les flux de recettes, de dépenses et de financement.

Les périmètres et les conventions statistiques diffèrent donc sur certaines opérations. Il serait, en revanche, imprudent d’attribuer directement les 1,7 milliard de dirhams d’écart à une opération particulière sans disposer d’une réconciliation détaillée des deux tableaux.

Un déficit presque stable malgré la hausse de l’investissement

Pour suivre l’évolution budgétaire dans le temps, il convient donc de comparer les données provenant d’une même série statistique.

Sur la base de la SCRT du ministère, le déficit passe de 59,5 milliards de dirhams à fin août 2025 à 58,6 milliards à fin août 2026. La progression des recettes fiscales permet ainsi d’absorber une partie de l’augmentation des dépenses, notamment de l’investissement public.

À quatre mois de la clôture de l’exercice, l’évolution des recettes, des dépenses d’investissement et du coût du financement déterminera désormais la trajectoire finale du déficit budgétaire pour 2026.


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