Maroc-Danemark : vers un partenariat stratégique historique
Maroc-Danemark : un partenariat stratégique global scellé pour décembre 2026 à Rabat. Copenhague s'arrime à un « partenaire fiable » et un relais de croissance incontournable en Afrique. Le Royaume danois salue le plan marocain d'autonomie pour le Sahara comme une base sérieuse et crédible.

Le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, et son homologue danois, Lars Løkke Rasmussen, ont jeté les bases d’un partenariat stratégique global lors d’une réunion diplomatique à Copenhague. Cet accord multidimensionnel, qui sera officiellement signé en décembre prochain à Rabat, renforcera la coopération dans les domaines politique, économique, sécuritaire et migratoire, tout en consolidant le soutien de Copenhague au plan marocain d’autonomie pour le Sahara.
Une alliance globale attendue pour décembre prochain
Le vendredi 4 septembre 2026, à Copenhague, les chefs de la diplomatie du Maroc et du Danemark ont officialisé la préparation d’un accord de partenariat stratégique d’envergure. À l’issue d’une visite de travail du ministre Nasser Bourita, les deux délégations ont convenu de finaliser ce cadre de coopération lors d’une prochaine visite du ministre danois Lars Løkke Rasmussen à Rabat, prévue en décembre 2026. Cette rencontre marque une étape charnière pour les deux Royaumes, désireux de structurer leurs relations bilatérales autour de piliers politiques, sécuritaires et économiques renforcés. Les deux parties ont souligné qu’elles prendraient le temps nécessaire pour concevoir un document équilibré, porteur de bénéfices mutuels et durables.
Selon le ministre danois des Affaires étrangères, l’Europe et le Danemark ont un besoin crucial de partenaires stables et constants. Devant la presse de son pays, Lars Løkke Rasmussen a qualifié le Royaume chérifien d’ami fiable et de relais incontournable pour la croissance économique et le développement sur l’ensemble du continent africain. Ce futur partenariat stratégique s’attachera ainsi à consolider le dialogue politique et à apporter des réponses coordonnées face aux enjeux contemporains globaux, notamment en matière de climat et de transition écologique.
Énergie, eau et commerce pour doper les investissements
Le renforcement des relations économiques et commerciales se positionne au cœur de la future feuille de route bilatérale. Les deux ministres ont insisté sur l’importance d’accroître de manière significative les flux d’investissements danois vers le marché marocain, tirant parti d’une dynamique d’affaires déjà prometteuse. Pour structurer cette ambition, plusieurs secteurs technologiques et industriels de pointe ont été identifiés comme prioritaires par les deux gouvernements.
La coopération économique ciblera spécifiquement les technologies liées à la gestion de l’eau, le développement des énergies renouvelables, l’industrie des produits pharmaceutiques, le secteur agricole et agroalimentaire, ainsi que la modernisation des infrastructures physiques. Afin de soutenir ces échanges, les deux Royaumes prévoient l’établissement d’une chambre de commerce commune. De plus, les deux ministres ont validé la création prochaine d’un conseil d’affaires maroco-danois. Cet outil opérationnel aura pour mission de faciliter les contacts directs entre les entreprises privées et de stimuler l’implantation de nouveaux projets d’investissement.
Sécurité et gestion migratoire sous haute concertation
Au-delà des flux économiques, l’accord intègrera des engagements rigoureux en matière de sécurité publique et de gestion des mobilités humaines. Durant leurs échanges à Copenhague, Nasser Bourita et Lars Løkke Rasmussen ont examiné les modalités d’un approfondissement de la coopération sécuritaire bilatérale. Un accent particulier a été mis sur le dossier sensible de l’extradition des criminels, une thématique complexe qui fera l’objet de dispositions juridiques précises au sein de l’accord de partenariat en préparation.
En matière de migration, les deux pays prévoient de s’appuyer sur la qualité de leur concertation existante pour concevoir des outils d’intervention encore plus adaptés. Ce volet spécifique visera à consolider la coopération entre Copenhague et Rabat à travers des mécanismes bilatéraux modernisés, garantissant une approche ordonnée et concertée des flux migratoires.
Un appui renforcé au plan d’autonomie pour le Sahara
Sur le plan strictement diplomatique, cette rencontre de Copenhague a donné lieu à une prise de position claire du Danemark sur la question du Sahara. Lars Løkke Rasmussen a réitéré le soutien officiel de son pays au plan marocain d’autonomie, le qualifiant de proposition sérieuse, crédible et de contribution essentielle au processus mené sous l’égide des Nations Unies. Pour le gouvernement danois, cette initiative constitue une bonne base pour parvenir à une solution politique mutuellement agréée par toutes les parties.
En adoptant cette posture, le Danemark, qui siège actuellement comme membre du Conseil de sécurité des Nations Unies, s’aligne sur la position de l’Union européenne et salue l’adoption de la résolution 2797 du Conseil de sécurité. Le chef de la diplomatie danoise a également indiqué devant les médias que son pays poursuivait ses discussions sur ce sujet et pourrait faire évoluer ses positions diplomatiques afin de se rapprocher de la vision défendue par les États-Unis.

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