Maroc : croissance, déficit, dette… la trajectoire pour 2027-2029 dévoilée
Le Rapport d’exécution budgétaire et de cadrage macroéconomique triennal du PLF 2027 prévoit 4,1% de croissance en 2027, puis 4,2% en moyenne sur 2028-2029, avec un déficit à 3% du PIB et une dette ramenée à 63% en 2029

La Vérité
Le Maroc prépare les trois prochaines années avec une équation économique qui repose sur un double objectif : maintenir une croissance suffisamment solide pour accompagner l’investissement et les réformes, tout en poursuivant la réduction progressive du déficit et de l’endettement publics.
C’est l’un des principaux enseignements du « Rapport d’exécution budgétaire et de cadrage macroéconomique triennal » qui accompagne le Projet de loi de finances (PLF) 2027. Le document trace les grandes lignes de la trajectoire économique et budgétaire retenue par le gouvernement pour la période 2027-2029.
Après une croissance attendue de 5,3% en 2026, le gouvernement prévoit une progression de 4,1% du PIB en 2027. La croissance devrait ensuite atteindre 4,2% en moyenne sur 2028-2029.
Le scénario ne prévoit donc pas une poursuite indéfinie du rythme exceptionnel attendu en 2026. Il mise plutôt sur une croissance plus régulière, portée davantage par les activités non agricoles et par une amélioration progressive de la performance agricole.
2027 : le non-agricole prend le relais
Pour 2027, le gouvernement table sur une progression de 1,2% de la valeur ajoutée agricole, sur la base d’une production céréalière estimée à 70 millions de quintaux.
Le véritable moteur de la croissance devrait toutefois rester l’économie non agricole. Sa valeur ajoutée progresserait de 4,3% en 2027. Le secteur secondaire devrait accélérer à 4,9%, contre 4,5% en 2026.
Cette évolution est importante pour la trajectoire économique du Royaume. Elle traduit la volonté de réduire progressivement la dépendance de la croissance aux performances de la campagne agricole et de renforcer le poids des activités industrielles et des services.
Sur 2028-2029, le scénario reste équilibré. Les activités non agricoles progresseraient de 4,2% en moyenne annuelle, avec une hausse de 4,3% pour le secteur secondaire et de 4,1% pour le tertiaire. La valeur ajoutée agricole progresserait également de 4,3% en moyenne, sous l’hypothèse d’une production céréalière stabilisée à 70 millions de quintaux par an et du développement des autres filières agricoles.
Le déficit à 3% du PIB
L’autre volet majeur du rapport concerne les finances publiques.
Le gouvernement veut poursuivre une réduction progressive du déficit budgétaire afin de dégager des marges nécessaires au financement des différents chantiers économiques et sociaux.
L’objectif est de ramener le déficit à 3% du PIB en 2027 et de maintenir ce niveau en 2028 et 2029.
Cette trajectoire constitue l’un des éléments centraux de la programmation budgétaire triennale. Elle doit permettre au Maroc de continuer à financer les investissements et les réformes tout en évitant une nouvelle dégradation des équilibres budgétaires.
L’enjeu est particulièrement important alors que l’État doit continuer à financer plusieurs chantiers structurants et à répondre à des besoins croissants en matière de protection sociale, d’infrastructures, de santé et d’éducation.
La dette ramenée à 63% du PIB en 2029
Le gouvernement fixe également une trajectoire pour l’endettement public.
Le ratio d’endettement devrait progressivement diminuer pour atteindre 63% du PIB à l’horizon 2029.
Cette baisse doit aller de pair avec la réduction du déficit. Le gouvernement cherche ainsi à préserver des marges de manœuvre financières tout en maintenant un niveau d’investissement élevé.
La logique est claire : continuer à investir sans laisser la progression des dépenses publiques compromettre durablement les équilibres financiers.
Le contrôle des dépenses devient une priorité
Pour atteindre ces objectifs, le gouvernement entend agir davantage sur la dépense publique.
La programmation 2027-2029 prévoit notamment une maîtrise des dépenses de personnel, une rationalisation des dépenses de fonctionnement et une amélioration de l’efficacité des investissements publics.
Il ne s’agit donc pas uniquement de chercher de nouvelles recettes. Une partie de l’effort devra également porter sur la manière dont l’argent public est dépensé.
Cette orientation donne une importance particulière à l’efficacité des politiques publiques : chaque dirham consacré à l’investissement devra produire davantage d’impact économique et social.
Une trajectoire construite dans un environnement incertain
Le cadrage présenté par le gouvernement intervient dans un contexte international marqué par des incertitudes économiques, sociales et géostratégiques.
Le rapport met néanmoins en avant la résilience de l’économie marocaine, soutenue par les réformes engagées ces dernières années et par plusieurs projets structurants.
Cette résilience constitue l’un des arguments centraux du scénario retenu pour les trois prochaines années. Le gouvernement mise sur la poursuite de l’investissement, le développement des activités non agricoles et la progression des différentes filières agricoles pour maintenir une croissance supérieure à 4%.
Mais le véritable enjeu sera de transformer cette croissance en amélioration durable des revenus, de l’emploi et des conditions de vie.
Une équation à trois inconnues
Le scénario du PLF 2027 dessine finalement une équation relativement claire.
Le Maroc veut maintenir une croissance de 4,1% en 2027, puis de 4,2% en moyenne en 2028-2029. Dans le même temps, il veut ramener et maintenir le déficit à 3% du PIB et réduire le ratio d’endettement à 63% à l’horizon 2029.
La difficulté sera de concilier ces objectifs avec la poursuite des grands investissements et des réformes sociales.
Le prochain cycle budgétaire ne sera donc pas seulement une question de taux de croissance. Il sera aussi celui de la qualité de cette croissance, de l’efficacité de la dépense publique et de la capacité de l’État à préserver ses marges financières tout en répondant aux attentes économiques et sociales.
Le cadrage macroéconomique du PLF 2027 pose ainsi le cadre de la bataille économique des trois prochaines années : croître suffisamment, investir davantage et, en même temps, dépenser mieux et réduire progressivement le déficit et la dette.

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