[ after header ] [ Mobile ]

[ after header ] [ Mobile ]

Croissance : Bank Al-Maghrib prévoit un ralentissement à 2,9 % en 2027

Après une progression attendue de 4,4 % en 2026, l’économie marocaine pourrait ralentir l’année prochaine. La banque centrale anticipe un recul de l’activité agricole, malgré une amélioration des secteurs non agricoles. Ses projections soulignent le poids persistant des récoltes dans la croissance nationale


L’économie marocaine pourrait enregistrer une croissance de 2,9 % en 2027, contre 4,4 % attendus en 2026. Ces prévisions, présentées par Bank Al-Maghrib à l’issue de la réunion de son Conseil du 22 septembre, dessinent une trajectoire contrastée : l’activité non agricole devrait accélérer l’année prochaine, mais le recul anticipé de l’agriculture pèserait

Cette évolution ne traduit donc pas un ralentissement uniforme de l’ensemble des secteurs. Elle met plutôt en évidence la sensibilité de l’économie nationale aux variations de la production agricole, particulièrement céréalière.

Une récolte exceptionnelle en 2026, un retour à la moyenne en 2027

Bank Al-Maghrib prévoit une hausse de 16 % de la valeur ajoutée agricole en 2026. Cette estimation tient notamment compte d’une récolte céréalière de 93 millions de quintaux, selon les données du département de l’Agriculture.

Pour 2027, la banque centrale retient une hypothèse différente : une production céréalière de 50 millions de quintaux, correspondant à un retour vers un niveau moyen. Dans ce scénario, la valeur ajoutée agricole reculerait de 7,6 %.

Numéro un de l’information économique marocaine

Il ne s’agit pas d’une récolte déjà constatée ni d’une prévision météorologique définitive. Bank Al-Maghrib utilise cette hypothèse pour construire ses projections économiques. Les conditions climatiques et les rendements effectifs pourront donc modifier le résultat.

Le contraste entre les deux années explique une part importante du ralentissement attendu. Après une forte progression en 2026, l’agriculture contribuerait moins favorablement à l’activité nationale en 2027.

Les activités non agricoles devraient accélérer

En dehors de l’agriculture, la banque centrale prévoit une évolution inverse. La croissance des activités non agricoles passerait de 3,1 % en 2026 à 4 % en 2027.

Pour l’année en cours, Bank Al-Maghrib a revu ses attentes à la baisse en raison d’une progression moins favorable que prévu de certaines branches, notamment les industries extractives et manufacturières. L’institution anticipe toutefois une amélioration de leur dynamique l’année prochaine.

Cette distinction compte pour interpréter le chiffre de 2,9 %. La croissance nationale pourrait ralentir alors même que les activités non agricoles retrouveraient davantage de vigueur.

Elle rappelle aussi qu’une économie plus diversifiée ne devient pas automatiquement indépendante des résultats agricoles. Les récoltes continuent d’influencer directement la production et, plus largement, les revenus de nombreux ménages ruraux.

Une croissance encore sensible aux aléas agricoles

Les projections de Bank Al-Maghrib illustrent un défi structurel pour le Maroc : réduire les fortes variations de la croissance d’une année à l’autre, sans sous-estimer le rôle économique et social de l’agriculture.

Le rebond attendu en 2026 montre combien une bonne campagne agricole peut soutenir l’activité. À l’inverse, l’hypothèse d’une récolte plus proche de la moyenne en 2027 suffirait à freiner la croissance globale, malgré l’accélération prévue des autres secteurs.

Les investissements, l’industrie et les services peuvent contribuer à stabiliser cette trajectoire. Leur progression ne supprime cependant pas, à court terme, l’effet des fluctuations agricoles.

Bank Al-Maghrib souligne par ailleurs que les perspectives restent entourées de fortes incertitudes, notamment en raison des tensions internationales, des prix de l’énergie et du changement climatique.

La prévision de 2,9 % doit donc être lue comme un scénario économique établi à partir des informations disponibles en septembre 2026, et non comme un résultat acquis. Les prochaines campagnes agricoles et l’évolution des secteurs non agricoles détermineront si cette trajectoire se confirme.


À lire aussi
[ Footer Ads ] [ Desktop ]

[ Footer Ads ] [ Desktop ]