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Maroc–Chine : Des accords industriels stratégiques qui réaffirment la vocation africaine du Royaume

LA VÉRITÉ


Le Maroc consolide son ancrage en tant que hub industriel et sanitaire régional en scellant deux conventions majeures avec la Chine. Signés à Rabat en présence du ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, et du gouverneur de la province chinoise du Jiangxi, Ye Jianchun, ces accords s’inscrivent dans une dynamique de coopération bilatérale croissante, où l’économie, la technologie et le développement du continent africain constituent des piliers convergents.

La première convention concerne le secteur pharmaceutique. Elle a été conclue entre Cooper Pharma, l’un des fleurons de l’industrie marocaine du médicament, et Jemincare Pharmaceutical Group, géant chinois de la santé. Ce partenariat va bien au-delà d’un simple échange commercial : il ambitionne de renforcer la souveraineté sanitaire du Maroc par une production locale de médicaments essentiels et de principes actifs. Dans un contexte mondial marqué par des tensions sur les chaînes d’approvisionnement, l’accord permet au Royaume de sécuriser des ressources stratégiques tout en développant ses capacités industrielles internes. Les deux partenaires prévoient également des transferts de technologie, une montée en gamme de la recherche locale, ainsi qu’une ouverture sur des marchés tiers, notamment en Afrique de l’Ouest.

Le deuxième accord, signé entre la Bank of Africa et la société chinoise Jiangxi Geo-engineering Investment Group, s’inscrit dans une logique de projection continentale. Il vise à mobiliser des investissements conjoints dans des projets d’infrastructure et d’ingénierie sur le sol africain, en positionnant le Maroc comme un point d’ancrage stratégique. L’objectif est clair : capitaliser sur l’expertise chinoise en matière de travaux publics et sur l’ancrage financier et diplomatique du Maroc en Afrique pour développer des partenariats à fort impact dans les domaines des routes, des infrastructures hydrauliques, des services urbains ou encore de l’aménagement du territoire. La Bank of Africa joue ici un rôle d’interface entre le capital chinois et les besoins réels des États africains en matière de développement durable.

Ces nouvelles conventions s’inscrivent dans un cadre plus large de coopération sino-marocaine, qui connaît une intensification notable depuis l’adhésion du Maroc à l’Initiative “Belt and Road” en 2017. Au-delà des déclarations politiques, cette dynamique se traduit par des investissements concrets dans des projets structurants, à l’image de la Cité Mohammed VI Tanger Tech, développée en partenariat avec des groupes chinois. Cette zone industrielle intégrée, encore en phase d’accélération, incarne la volonté partagée de faire du Maroc une plateforme industrielle et logistique de premier plan à l’échelle régionale.

Ce renforcement du partenariat sino-marocain ne relève pas uniquement d’une logique bilatérale. Il reflète aussi une lecture stratégique des nouvelles chaînes de valeur mondiales, dans lesquelles le Maroc aspire à se positionner comme une destination fiable, dotée d’un environnement stable, d’une main-d’œuvre qualifiée et d’accords de libre-échange attractifs avec l’Europe, les États-Unis et plusieurs pays africains. La Chine, quant à elle, voit dans le Royaume un partenaire à la fois stable politiquement et ambitieux économiquement, capable de relayer son expansion sur le continent africain tout en respectant les impératifs de co-développement.

Les deux conventions récemment signées illustrent donc cette convergence d’intérêts. D’un côté, le Maroc consolide ses ambitions industrielles et sanitaires, tout en étendant son influence africaine. De l’autre, la Chine affirme sa stratégie d’internationalisation dans des domaines clés en misant sur un allié de confiance, porteur d’une vision continentale partagée. Les effets attendus se mesurent en termes de création d’emplois, de transfert de savoir-faire, d’ancrage territorial et de résilience économique. Une trajectoire cohérente avec la nouvelle stratégie industrielle du Royaume et son cap vers une croissance durable et inclusive.


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