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Maroc-Chili : vers un accord de libre-échange, Santiago réaffirme son soutien à la position marocaine sur le Sahara

Rabat et Santiago ont signé à New York les termes de référence qui encadreront les négociations d’un futur accord commercial. Le Chili a parallèlement exprimé son soutien à la souveraineté marocaine sur le Sahara et annoncé son intention d’y promouvoir des opportunités d’investissement et de commerce

La Vérité


Le Maroc et le Chili franchissent une nouvelle étape dans leur rapprochement diplomatique et économique. Réunis le 21 septembre à New York, en marge de la 81e Assemblée générale des Nations Unies, Nasser Bourita et son homologue chilien Francisco Pérez Mackenna ont signé les termes de référence destinés à servir de base aux négociations d’un futur accord de libre-échange.

Il ne s’agit pas encore de la signature d’un accord commercial. Les deux pays définissent à ce stade le cadre dans lequel les négociations pourront avancer. Cette étape prolonge la déclaration conjointe signée en juin dernier à Rabat, lorsque les deux gouvernements avaient officiellement engagé le processus visant à établir un nouveau cadre pour les échanges de biens, de services et les investissements.

Un premier accord de ce type entre les deux régions

Si les négociations aboutissent, l’accord aurait une portée particulière. Selon le gouvernement chilien, il deviendrait le premier accord commercial conclu par le Chili avec un pays africain et, réciproquement, le premier du Maroc avec un pays d’Amérique latine.

Les échanges restent encore relativement modestes, mais progressent. Le commerce bilatéral a atteint 80,3 millions de dollars en 2025, contre 10,4 millions en 2003. Santiago voit notamment le Maroc comme une plateforme d’accès aux marchés africains, tandis que Rabat peut trouver au Chili une porte d’entrée supplémentaire vers l’Amérique latine.

L’agroalimentaire figure déjà parmi les secteurs ciblés. En août, les autorités sanitaires des deux pays ont signé un cadre de coopération entre le SAG chilien et l’ONSSA marocaine afin de faciliter les échanges de produits végétaux, animaux et alimentaires. Selon des données de l’International Trade Centre reprises par le gouvernement chilien, les exportations chiliennes vers le Maroc disposeraient d’un potentiel supplémentaire d’environ 48 millions de dollars à l’horizon 2030, dont plus de 40 % dans l’agriculture.

Santiago explicite sa position sur le Sahara

La rencontre de New York comporte également un volet diplomatique important.

Dans le communiqué conjoint publié par son ministère des Affaires étrangères, le Chili indique soutenir la souveraineté du Royaume du Maroc sur l’ensemble de son territoire, « y compris la région du Sahara Occidental », et considère la proposition d’autonomie présentée par Rabat en 2007 comme une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable.

Santiago affirme également accorder une importance particulière à la résolution 2797 du Conseil de sécurité et appelle à des discussions sans conditions préalables prenant pour base la proposition marocaine d’autonomie. Le Chili annonce en outre son intention de promouvoir des opportunités de coopération économique, d’investissement et de commerce dans la région.

Cette formulation correspond à la position officielle du gouvernement chilien. Sur le plan onusien, la résolution 2797 adoptée en octobre 2025 maintient l’objectif d’une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable, fondée sur le compromis et conforme au principe d’autodétermination. Elle prend également acte du soutien exprimé par plusieurs États à la proposition marocaine d’autonomie et indique qu’une autonomie véritable sous souveraineté marocaine pourrait constituer une solution réalisable.

Diplomatie et commerce avancent désormais ensemble

Le rapprochement entre Rabat et Santiago intervient à l’occasion du 65e anniversaire de leurs relations diplomatiques. Les deux gouvernements cherchent désormais à donner une dimension économique plus importante à cette relation, au-delà du dialogue politique.

La signature des termes de référence constitue ainsi l’étape la plus concrète obtenue jusqu’ici vers un accord de libre-échange. Elle devra désormais être suivie par les négociations techniques sur les droits de douane, l’accès aux marchés, les services, les normes et les investissements.

Pour le Maroc, l’enjeu sera notamment de transformer le rapprochement diplomatique avec Santiago en nouveaux débouchés commerciaux et en investissements. Pour le Chili, l’objectif affiché consiste à diversifier davantage ses marchés et à renforcer sa présence sur le continent africain à partir du Royaume.


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